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La taverne de Domisol

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Oyez ! Oyez !

Moi, Melehan, écrivain en herbe, achève la première partie d’une histoire qui se veut comique, et particulièrement dirigé vers Dame Méluze.
Je voudrai, avant de commencer, que vous lisiez ces remerciements.
Pour ses propres aides et celles de son forum, Messire Allmoon, le Lion blanc.
Pour l’aide précieuse accordée et son soutien indéfectible, Corwin.
Pour sa tolérance et sa gentillesse, Koghiba.
Pour son accord, Lord Andromorphe.
Pour la muse qu’elle a sue être, Dame Méluze…

Voici dont la première des trois premiers chapitres de cette épopée.

Feldegast, pour le cœur de Dame Méluze

Chapitre I :
Une entrée de toute beauté et un séjour long et paisible… Enfin… Presque !

I) Où l’on voit la toute puissance de Feldegast :

La nuit était fraîche en ce rude hivers et Feldegast avançait à pas lent vers le Manoir de Lord Andromorphe . Il savait que la femme qu’il avait rencontré auparavant y habitait, et il se doutait également que la seule façon de la conquérir serait de combattre le Seigneur des lieux. Au petit matin, dès l’aube, il approcherait… Et là, il pourrait enfin affronter sa destinée...

Lahn se levait calmement, d’un mouvement circulaire et continu…
Feldegast dépoussiérât ses vêtements pour ne pas déplaire à Dame Méluze, et marcha vers la large porte qui clôturait le manoir.
Son compagnon, un singe qui le suivait depuis Cadwallons, s’était assis sur son épaule. Il se nommait Cab’Hoche, un animal pas plus gros qu’un gobelin qui portait un chapeau circulaire et un gros cigare. Jamais je n’aurais penser qu’un pareil animal puisse me servir. Il me suivait, se nourrissait seul, et je voyais là l’essentiel. Mais ce petit Cab’Hoche en à dans la cervelle. On pourrait avoir du mal à croire cela, mais il malin. Oui, malin, c’est le mot. C’est un gros singe, avec plein de poil, et malin… comme un singe. Mais cet idiot prit peur lorsque nous approchâmes du précipice qui cerclait la bâtisse. Il se mit sur ma tête, ses deux mains devant ses propres yeux, et ses pieds aux ongles crasseux en face des miens.
Privé un temps de ma vision, je ne pus mesurer la distance me séparant des douves, et là, dans un « plouf » sonore suivit de grognements sinistres, je me trouva nez à nez devant deux alligators à l’air farouche.
J’étais en rogne ! Ce singe que j’avais repousser en arrière rigolait sur le bord de la rive tandis que ces deux reptiles avançaient vers moi. Je n’eus pas d’autres choix que de me battre avec, affronter le péril. Le problème n’était pas l’infériorité numérique mais le manque de moyens pour me défendre. Moi, humain, qui armé d’une simple pierre espérait faire face aux êtres de ses profondeurs de plusieurs mètres de long, attendait l’inévitable. Soudain, j’eus l’idée subite d’appeler le singe qui m’avais mis dans cette galère. Et là, encore une fois, je fus très surpris par sa capacité à comprendre les choses, mais surtout par sa grande difficulté à les appliquées. Il envoya certes une potion bleue ciel, dans un flacon de verre, étiquetée, mais pas au bon endroit. Au lieu d’atterrir près de moi pour que je puisse m’en servir, elle vînt s’écraser contre le mur d’enceinte. Le liquide coula le long des pierres mais quelques gouttes s’écrasèrent directement dans les eaux sales des douves. Toujours sur la rive, je remarqua le problème lors de la trajectoire de la fiole et me retira vivement.
Trop tard ! Le fleuve de protection avait gelé et les reptiles étaient déjà congelés. On aurait pu croire que j’étais sortit d’affaire avec les deux sacs à mains transformés en glaçons apéritif, mais j’eus la méchante surprise de m’apercevoir que j’avais une jambe prise dans les eaux glacées.
Ce Cab’Hoche, cet idiot de singe, qui rigolait de plus belle eu quand même la décence de m’apprendre qu’un groupe de personne sortait du manoir. Il me rejoignit donc et nous nous cachâmes, aplatit contre la rive. Des gobelins ! Ces immondes petits êtres verts vomis par la large ouverture du château. Ces rats regroupés tel une marrée de folie avançait dans un désordre épouvantable, tandis que je faisais l’effort de retenir mon souffle. Ils passèrent sans se rendre compte de notre duo des plus insolites.
Heureusement… Maintenant que le calme était revenu, je décida tout de même de prendre la peau des deux alligators. Je sortit un gros couteau et commença à frappé d’estoc et de taille sur les cadavres qui ne réagissaient pas1. Pris de colère, je rassembla mes forces en un coup de maître aussi prodigieux que désastreux. En une fraction de seconde, le crocodile fut brisé et le rêve d’offrir un sac à dame Méluze avec. Mais le pire arriva juste après que l’onde de choc, pourtant minime, se propagea dans la douve de glace. Celle-ci éclatât alors que j’étais agenouillé dessus et je ne pus absolument rien faire. Une plaque se détacha, rapidement suivit d’une seconde, puis une troisième s’engouffra dans les eaux sales et mon tour arriva vite. Cab’Hoche, pris de panique, tomba lui aussi mais parvint tout de même à remonter sur les quelques pierres qui gisaient le long du mur d’enceinte.
Une ouverture mince et humide le surmontait et je comprit que l’orifice venait tout droit des latrines. Cab’Hoche, lui, n’avait pas compris… Un grand sourire fendait toujours son visage lorsqu’une gerbe de liquide vînt rincer son corps, commençant par la tête. Il était repoussant une fois sa douche terminé et ce fut mon tour de rigolé. Hélas, cela ne duras point. Plus haut, au niveau, je le sut plus tard, de l’antre des trolls, un autre déversoir me guettait… Et là, dans un cris de désespoir, moi, Feldegast, fut couvert de déchets trollien…

II) Où le duo aux milles senteurs pénètre dans le manoir :

Mon cri, éventail de sons faux sur toutes les gammes possibles et imaginables, finis par alerter quelques gardes endormis. Ainsi, nous fûmes accueillit comme « invité » par Lord Andromorphe, qui voulait savoir ce que nous faisions par ici, et ce qu’il était advenu des deux alligators retrouvés congelés. Tout d’abord, avant la venue de son excellence, nous fûmes accueillit plusieurs jours à l’infirmerie du manoir, l’un pour être soigné, l’autre pour être écarté des hôtes de cette demeure. J’aimerai pouvoir vous dire que ce lieu était spacieux, que l’on pouvait se retrouver seul, dans le calme, et que l’on se sentait en sûreté. Je voudrai vous compter que les conditions de détentio… heu… de soins servaient la cause de la médecine et que la propreté et la connaissance servaient de mots d’ordre… Je pourrai aussi vous décrire ma jolie infirmière… Ah oui, cette formidable femme… Vous le voulez vraiment ? D’accord…
Le feu purificateur était dans sa délicieuse chevelure rousse, dans la courbe sensuelle de ses hanches, dans ses mouvements tendres et félins, aussi charmeurs que mortels. Une fine tunique de cuir noir, profondément échancrée, contenait mal les deux globes fermes et fiers de son opulente poitrine, qui symbolisait tant un appel à l'amour qu'un défi aux hommes. Tout dans son corps se nommait passion, douceur et puissance mêlées, de ses jambes fuselées, fines comme les pattes d'une gazelle, à son cou gracile et délicat. Son visage, tel celui d'une elfe, un enchantement, une splendeur, une merveille de la nature, un ovale presque parfait qui n'était troublé que par de délicieuses pommettes, héritage de ses ancêtres Keltois, et son menton fin et volontaire. Et dans ses yeux émeraudes, aux reflets changeants selon l'heure du jour, on pouvait lire toute la sauvagerie animale d'une tigresse du désert… La création par excellence, la pureté, la simplicité aussi… Bref, mon infirmière !
Cela fait du bien n’est ce pas ? Malheureusement, je vais vous dire la réalité car je me suis un peu emporté et j’ai très légèrement enjolivé les choses… Côté cheveux, elle était rousse, pas de doutes, mais elles avaient plutôt une tignasse rouge et ébouriffée, courts, car longs, ils auraient été impossible à démêler. Questions physionomie, cela tenait plus d’une absolue maigreur et même deux pièces reliées par du fil de couturière auraient suffit à soutenir, ou plutôt tenir, ses avantages inexistants. Couverte d’une chemise informe, tâchée et trop grande, elle parcourait « l’infirmerie » crasseuse. De même, la partie inférieure de son corps était dissimulée sous des braies bouffantes à rayures, plus pratique qu'une robe, disait-elle. Nue, même la personne la plus myope aurait pu se figurer son squelette tout entier et ce, sans aucuns mal. Pour ce qui est de son allure féline, cela tenait plus du rongeur que d’un autre animal, et encore, j’espère que ce n’est pas injurier cette espèce. J’ajouterai, pour être complet, que son visage, plissé d’une ride à force de froncer les sourcils, était lui, mangé par la vérole et criblé de tâches de rousseur. Sans nul doute, on pourrait trouvé injuste une personne qui l’eus dit laide, mais si un ménestrel devait chanter sa beauté, on l’aurait cru atteint par une maladie mentale très grave et inconnue, et l’on aurait bien rit de lui durant les siècles suivants. Pour tout vous dire, j’ai aussi décrit « l’infirmerie » de cette façon, et si vous voulez savoir la vérité, je vous rappellerai que les pierres sales et grossièrement équarries m’entouraient. Que l’humidité était omniprésente et que le mince filait d’eau dont se servait ma sympathique soigneuse venait d’une fuite dans le plafond.
Cela ne m’aurait que peu dérangé si seulement l’antre des trolls avait été ailleurs… De plus, l’odeur fétide qui régnait en ces lieux s’ajoutait à l’haleine de la jeune femme citée ci-avant. Pour les mots d’ordre, si l’on peut dire, cela tiendrait plus de l’insalubrité et de l’expérience2 que de la propreté et de la connaissance. Je pourrai continuer longuement à insister sur les croûtes purulentes qui étaient collés aux bandages gracieusement offerts ou les sanieuses blessures que vous pouviez avoir à cause du lit auquel vous étiez attaché. Attaché, oh oui ! C’est le mot pour dire combien Cab’Hoche et moi adorions cet endroit, nous y étions attaché, surtout au sens propre d’ailleurs.
Et cet ainsi qu’au bout de deux ( 2 ) jours je me suis sentit très vite mieux et que « grâce » aux soins prodigués, je put enfin marcher vers l’auberge du « Singe écartelé3 », en attendant une entrevue avec Lord Andromorphe. Comme toutes les tavernes du monde, celle-ci avait son lot de malfrats en tout genre, et, au grand désarrois de notre duo, moi et Cab’Hoche nous remarquâmes que ce lieu se classait dans la catégorie 1. Parce qu’il n’existe que trois catégories :
€ La première est un lieu de passage essentiellement utilisé par des marchands de petite et moyenne extraction. La nourriture y est médiocre, voire passable. Les lits, eux, sont infestés de punaises et parfois, d'autres clients arrivés avant vous. Les prix y sont raisonnables et très souvent négociables. La seule distraction proposée par ce genre d'établissement est la fille de l'aubergiste, inéluctablement gironde et peu farouche. Le tenancier est quant à lui, en toutes circonstances et quel que soit son sexe, un individu gras, rougeaud, souvent moustachu, qui passe la quasi-totalité de ses journées à essuyer le même verre avec le même torchon, activité incommensurablement ennuyeuse qui explique qu'il ne se fasse jamais prier pour discuter avec le voyageur. Lorsqu’il n’effectue pas cette labeur, il cherche son torchon ou un verre à essuyer.
€ La seconde, aussi appelée " bouge " ou " repaire ", se reconnaît à sa localisation - toujours perdue dans le quartier le plus glauque de la ville, au fin fond d'une ruelle très sombre, comme si le patron souhaitait avoir le moins possible de clients - et à son nom. L'aubergiste est presque toujours de sexe masculin, célibataire, borgne et d'une carrure impressionnante. Il fait peur à tout le monde et aime montrer que c’est lui patron. La clientèle se divise en trois catégories, qui sont les repris de justice, les futurs repris de justice et les évadés. Des distractions variées sont proposées, telles que se battre, regarder les étrangers d'un oeil torve ou les regarder se battre, fomenter des mauvais coups dans l'arrière boutique ou les subir, s'affronter en duels qui dégénèrent, échanger à mi-voix des propos sibyllins, ou encore chercher ses dents sous les tables. L'hygiène n'étant pas excellente, on peut facilement y attraper des maladies telles que le poignard dans le dos ou la chute sur un pieu de métal rouillé dans la cave, ce qui, est souvent incurable et parfois mortelle. Le vocabulaire scatologique ne manque pas de mots permettant de décrire assez justement la qualité des mets et boissons servis dans ces établissements. On citera par exemple, infecte, abjecte, hideux, répugnant, dégoûtant, ignoble, repoussant et d’autres encore moins décents.
€ La troisième se distingue par le fait qu'elle fournit, outre le gîte et le couvert, des prestations annexes. Les plaisirs du palais n'étant pas forcément la préoccupation première des clients, on constate que la qualité de la cuisine n'est que rarement en rapport avec les impressionnants tarifs pratiqués. Les apports annexes consistent en musique plus ou moins fine, consommation de substances plus ou moins légales, et surtout ces endroits fournissent à leurs clients une (ou plusieurs) agréables compagnie(s), ainsi que diverses commodités et accessoires. Dans le prix des services en question est toujours comprise une obole à l'association de secours charitable aux orphelins de la milice locale. On notera de même que le fait que les distractions s’effectuent dans l’auberge en question, tel que la cave, la cuisine mais surtout les chambres, empêchent dans le dernier cas le sommeil des autres clients.
Je choisis donc de prendre une grande bouffée d’air frais avant d’entrer dans ce lieu. Mais juste au moment de passer la porte, je remarqua quelques évènements proposés par le maître des lieux et le tout, situé dans la région. Il y avait en autre :

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Le Comité des Fêtes et Exécutions de Ty’k présente son
GRAND JEU-CONCOURS ANNUEL
sur le thème :
TUEZ LA BÊTE DE l’ANTRE TRES TRES (…) SOMBRE
Qui animera la Foire Inter-provinciale de Ty’k ( Est de Cadwallons )
du 7 au 22 de ce mois.

Inscriptions sur place

Guerriers et autres 5 Klûs.
Voleurs, Assassins, etc… 8 klûs.
Prêtres et Druides 10 klûs.
Sorciers 15 klûs.

Tarifs réduits pour les nains et les gobelins.
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Pas mal se dit Feldegast, mais son regard fut attiré par les autres affichettes.

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Grande course annuel de Melchioul

Cinquante participants…

Une course de folie…

Devant des millions de spectateurs en délire…

Un seul vainqueur !

Une renommée internationale…

Un butin de 5000 klûs à la clé….

Ce sera peut être vous !

Inscriptions au Bureau des Futurs Morts et Blessés de la Course de Melchioul ( B.F.M.B.C.M ). Date butoir du : jour de la course : 13ème jour de ce mois.
Conditions : Avoir son propre véhicule de course.
Conditions de Victoire : Arrivée le premier en un seul morceau.
Sécurité assurée par les agents refoulés du G.AG ( Général . Académie . Gobeline )

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Grand concours du Lancé de Nains.

Chacun son nain et c’est partis !

Record à battre : 86 mètres / Détenus par : Agyar l’enragé de la Meute de l’œil azuré.

Compagnie du Lancé de nain ( Klûne ).
( Attention : Nains non fournis lors de l’inscription. )

Ridicule s’exclama Feldegast ! Et puis c’est bien loin du manoir !

Venez assistez à la grande Corrida de Kerk’, un village Drune assiégé par des Keltois du Clan Sessairs. Dans une semaine, ce ne sont pas 10, ni 15, ni 20, mais 30 Minotaures affamés qui vont être lâchés dans ce village. Vous voulez être de la partie ? Pour la modique somme de 5 peaux de daims musqués par personne, vous pourrez y assister !

Venez nombreux !

Chef du siège.

« C’est encore là le plus près, nous verrons bien comment les choses se passent, hein mon Cab’Hoche ! Bonne bête, va ! » ria Feldegast.
L’homme poussa la porte de l’auberge et se trouva directement en face d’un gros personnage, moustachu, avec un tablier constellé de tâches de graisses en tout genre. Il s’affairait avec une aisance toute particulière à nettoyer un verre, déjà luisant, avec un torchon crasseux. Bien sûr, pour se remettre des aventures passées dans l’infirmerie et dans les douves du manoir, il marcha vers le comptoir et commanda une chope de bière. Il prit alors un journal qui traîna là en vidant sa première chopine. La gazette s’appelait «  L’actu’ », et il put lire les dernière nouvelles. Il fut frappé par une annonce :

Vend/Echange anneau unique n’ayant que très peu servit contre moyen de survie ou de dissimulation assuré.
Cherche aussi tueur professionnel pour se débarrasser d’un vieux magicien sénile, d’un nain avec accent bizarre, d’ un grand barbu encombrant, d’un humain cupide, et d’un archer elfe sachant faire du surf sur bouclier.
Merci d’avance.
Frodon.S ( Actuellement à l’auberge du « Poney Fringant » )

Il continua sa lecture lorsque soudainement, une personne tomba devant lui. Un homme sale, crasseux, vêtu de haillons et à l’air endormit. Puis, des rires et des paroles se mêlèrent :
Tiens, il est soul avec une ch’tite chopine de bière ?
Ouais ! Mais la 17ème tout de même !
Alors un homme aussi impropre que celui au sol s’approcha et commença à prendre les objets du poivrot à terre. Le pochard ne réagissant pas, il fut dépouillé de sa bourse, de quelques bijoux et d’une de ses dagues décorées. Un troisième homme vînt se joindre au duo voleur-volé et disputa les gains :
Je veut l’or, donnes !
Ben non ! J’étais là le premier ! Dégages, ou tâtes moi cela ! Enrageât il en montrant son poing fermé.
Feldegast, habitué à ce genre de litige , souffla à Cab’Hoche de se tenir prêt tandis que lui même se cachait sous la table. Le différent s’aggrava encore un peu plus avec l’arrivé d’un quatrième homme, bourru et costaud comme deux. Il brailla à plein poumon :
Bon, réglons le problème, moi je prend la bourse, les bijoux et la dague, vous prenez le reste, sinon… Et il fit un geste suffisamment compréhensif.
Soudain les deux premiers protagonistes échangèrent un bref regard et se jetèrent vers le gros homme. Celui-ci frappa le premier d’un grand coup de poing dans la mâchoire tandis que lui même tomba sous le poids du second. Alors, au fond de la salle, un pochard cria de sa voix rauque :
Baston !
Et aux autres hommes de relevés :
A l’assaut !
Cet ainsi que la traditionnelle bataille commença. Feldegast en avait vu des échos fourrés et celle-ci était aussi futile que les autres. Une fois, il se trouva dans un village où au moins une fois par ce semaine, le forgeron et le poissonnier se disputaient pour la fraîcheur du poisson. Il les entendait encore : « Bien sûr qu’il est frais mon poisson ! » Et l’autre qui répliquait : « Non ! Il est pas frais ton poisson ! ». Et à la fin, les deux camps échangeaient des coups. Au terme de ces batailles coutumières, la nourriture gâchée pourrissait au soleil tandis que tous se retrouvaient à un grand banquet. Le seul musicien arrivait ficelé en haut d’un arbre et les héros moustachus mangeaient du sanglier. En bref, les habitudes d’un irréductible village. Il fut soudain tiré de sa rêverie quand l’homme qui avait été assommé d’un coup dans la mâchoire au début du combat lui demanda « Vous avez vu mes dents ? ». Bien sûr, Feldegast ne répondit pas et comme celui-ci pourrait être un potentiel adversaire vers cette bourse, il prit un plateau de cuivre qui gisait à son côté et le frappa par deux fois. L’homme retourna donc dans un coma profond sans ses dents. De tous côtés des barbares, des gobelins, et tout un groupe de repris de justice se battaient à coup de poings. Mais certains se défendait avec des louches, des pieds de tables, des chaises, ou même avec des morceau de viandes. Le chaos touchait maintenant à sa fin puisque la dague brisé ne valait plus rien, et que personnes n’osaient contestées le tribu pris par le géant. La taverne dévastée retourna donc à des activités moins turbulentes comme le jeu de cartes où tout le monde triche, les parties de dés pipés ou encore le traditionnel concours où l’on cherche à boire le plus de verres culs secs. Quand la milice de Lord Andromorphe arriva, le calme fut belle et bien rétablit et de manière immédiate. Ceux-ci, quatre hommes tous vêtus de noir avec des bottes et un chapeau large ressemblaient à l’Inquisition Akkylanienne. Feldegast, désigné du doigt par l’un d’entre eux, s’approcha et prit une voix de stentor qui ne lui allait pas du tout. Personne n’osait rigoler mais tous avaient le sourire aux lèvres. Les hommes sombres lui demandèrent de le suivre et ils passèrent le perron ensemble, laissant l’auberge sale aux voyageurs crasseux. Une fois dehors, Cab’Hoche, accroché dans les pans de la veste de Feldegast, commença à couiné nerveusement. Un des représentants du Lord brailla :
Faites taire cette sale bête ! Ou nous nous en chargeons !
Feldegast répliqua :
J’aimerai bien voir cela, un simple coup de griffe peut tué un brontops ! Il vient de la forêt noire, et il a du développer je ne sais quel poison pour pouvoir faire cela. Faites le taire si ça vous chante, mais je vous le déconseille fortement, il a tué un troll il y a un mois de cela, et je peut vous dire que depuis tout ce temps, ses réserves de liquide mortel se sont refaites ! »
Les deux compères échangèrent un regard malin, sachant tous deux que tout ceci n’était que pure invention. Le petit singe prit un regard sévère, et, ayant toujours son cigare dans sa bouche retroussée, il souffla une grande gerbe de tabac en direction des inconnus. Ceux-ci, impressionnés, reculèrent un peu et reprirent la marche. Le propriétaire de Cab’Hoche demanda :
Où allons nous ?
Et l’un d’entre eux répondit :
« Nous nous rendons à la tour de Lord Andromorphe, il souhaite s’entretenir avec vous.
Puis celui-ci répliqua :
Bon, ben… Je vous suis m’sieurs ! En avant !
Et les cinq reprirent leur chemin en direction de cette flèche partie à l’assaut des nuages.

III) Une rencontre des plus… Chatoyantes… Ou l’ironie d’un auteur :

Cette tour, crénelée et impérieuse, se dressait et surmontait tout le manoir. C’était un défi lancé aux dieux, et nous nous y dirigeâmes. Ce sinistre lieu, à la hauteur du propriétaire, respirait le mal, tandis que Feldegast, lui, inspirait péniblement. Les quatre suivants nous laissèrent à l’entrée avec un chambellan, le 14ème du mois. Celui-ci nous guida donc jusqu’à la cour du Lord. Les murs de pierres taillées étaient entièrement recouvert de tentures racontant l’arrivée des différents membres du manoir. Seul le trône sur lequel il siégeait péniblement contrastait avec les armoiries l’entourant. Grand et avec une forte carrure, il semblait immuable. On aurait pu croire qu’il descendait de Barbare Keltois mais apparemment, il n’appartenait à aucun peuple. Seul ses gobelins étaient comme un semblant de famille à ses yeux et il s’en entourait à souhaits. Impressionnant, même le plus stupide des rats de No-Dan-Kâr aurait trouvé en lui le charisme d’un seigneur. Aucun doutes n’étaient permis, Lord Andromorphe, l’homme à l’allure de géant, le prince du manoir, se tenait devant Feldegast, frêle humain itinérant et son singe Cab’Hoche, petite créature orpheline de Cadwallons. Celui-ci, de sa voix caverneuse et grave, parla aux invités :
Alors sire Feldegast, que venez vous faire en ma demeure ? Je ne crois pas vous avoir invité.
Et, l’homme itinérant expliqua, je suis venu dans l’espoir de trouver refuge en ce lieu de renom.
Tiens donc ! s’exclama le Lord, Et quels malheurs vous poursuis ?
Heu… Hm…bégaya le voyageur, c’est à dire que…, je voulait rejoindre les héros qui sont là et échapper à la fureur d’un seigneur barhan.
Je vois petit homme... dit simplement le prince du manoir, sais tu que pour rester ici, il faut un acompte de 3000 klûs ?
Je, je… je ne savais pas tenta de se défendre l’hôte.
Eh bien… Dans ce cas, repartez d’où vous venez mécréants, scanda l’homme d’un ton insultant. Je n’ai que faire de vous, allez…
Soudain, dans ce silence mortuaire, une splendide femme comme sortie d’un rêve fit son entrée. Tel une princesse, elle traversa la salle sous les regards baissés de la garde rapprochée de Lord Andromorphe, et là, face à lui, sans montrer allégeance, elle s’entretînt avec lui. Si Cab’Hoche avait été plus près, il aurait pus entendre :
« Lord, cet étranger à des talents cachés et le manoir regorge de pièces vides. En outre, je me porte garant de ce petit homme, si vous le souhaitez, je peut avancer l’argent, mais je vous demande de l’accepter, au moins quelques temps. Puis je le faire installer ? »
Et le maître des lieux, approuva d’un simple hochement de tête. Aussitôt, Dame Méluze claqua des doigts et un groupe de gobelins fit son entrée. Cabrés, voûtés, ils avançaient le regard baissé, comme craintifs. En effet, malgré ses airs angélique, la sublime avait une autorité étonnante. Les petits êtres verts obéissaient à cette charmante compagnie et prenait soin de Feldegast. Son maigre sac fut pris et ils l’emmenèrent vers sa chambre.
Très surpris de remarquer que sa nouvelle demeure était accolée à celle de sa protectrice, il s’endormit heureux dans un sommeil paisible et réparateur, songeant à sa dette. Dès le lendemain, il chercha un moyen d’obtenir les 3000 klûs nécessaires à son maintien en ce lieu. Cet ainsi qu’il pensa aux affichettes et notamment, à la course de Melchioul. Il pourrait toujours construire un simple bolide, cela ne devrait pas être difficile puisque la majorité des participants étaient gobelins.
Alors, il parti se préparer tôt en cette matinée. Il devrait être protégé, et devrait aussi échapper aux embûches situées sur la route. Il fit donc le tour des échoppes et passa chez un armurier. Nombre d’armes entouraient Feldegast, mais aucunes qu’il ne savait manier. Et pourtant, il y avait des épées longues et courtes, des haches, des cimeterres, des couteaux, des lances, des lances de cavalerie, des dagues, des simples lames, des lames sacrées, des espadons, des hallebardes, des bâtons, ou encore des pics de guerre, mais j’arrête ici la liste de ses incompétences. Son choix fut donc difficile et il demanda de l’aide au propriétaire gobelin qui rangeait un casque. Celui-ci, fortement affairé l’envoya vers un collègue qui, lui même dressait l’inventaire. Ce dernier appela tout de même un autre de ses équipiers et là, la transaction put commencer. Alors, ce « responsable », lui demanda d’expliquer son problème et Feldegast narra comment il avait évité les combats jusque là, et donc comment il était possible qu’il ne sache pas manier d’armes, d’aucunes sortes. Le gobelin prit un air sérieux, ce qui devait être très dur pour lui, et grimpa sur un seau qui jonchait le sol de planches toutes plus miteuses les unes que le autres. Alors il fit de la pub pour les épées « Andüril » :

Avec Anduril c’est trop facile !

Partout en Alahan,
Les braves et les manants,
Les femmes et les enfants,
Frappent du pantins,
Et tuent le malin,
A grands coup d’Andüril,
Car c’est bien plus facile !

Chez tous les Griffons,
Les méchants et les bouffons,
Les gamins et les morpions,
Achèvent les hérétiques,
En frappant dans les tripes,
Mais toujours avec Andüril,
Car c’est bien plus facile !

Choisissez Andüril, avec elle, c’est bien plus facile !

Et le numéro de claquettes terminé, l’achat fut fait de tel manière :
Je vous la vend 30 klûs.
Non je la prend à 10 klûs.
Bon… Ben 15 klûs et vous me donnez 5 klûs en cachette. C’est raisonnable.
Bon ! C’est d’accord, marché conclus. Envoie mon Andüril !
Et c’est ainsi que notre ami Feldegast partis fièrement avec son épée Andüril à la main. Toutefois, il aurait besoin d’un sac pour son voyage et il partis dans la boutique du « donjon facile » située juste à côté. Il tomba là encore sur un gobelin qui aimait la chanson et la publicité, ce qui l’aida à faire son choix. Le petit être vert prit un parchemin et toussa pour s’éclaircir la gorge. A ce moment, il jouait deux rôles, celui d’un nain et celui d’une elfe. Il commença :
Aïe Aïe Aïe !
Ben qu’est ce qui t’arrives ?
M’suis fait pillé par des brigands de grands chemins…
Mais tu t’es laissé faire ?
Ben… C’est à dire que… Heu…J’avais pas le choix ! J’avais pas d’armes !
Et pourquoi tu t’es pas protégé au moins ?
Ben… J’avais pas de bouclier !
Et pourquoi tu ne t’ai pas sauvé dans ce cas là ?
Ben… Il faisait tout noir et j’avais pas de torches !
Tu ne t’es pas caché dans tente ?
Pas de tente !
Tu es vraiment trop bête, en passant au « Donjon facile », tu aurais pus avoir tout le matériel dans le paquetage « couillon du donjon ».
Abon ?
Ben oui, le paquetage « couillon du donjon », c’est une épée qui brille dans le noir, une dague, un mini-couteau, un bouclier, un sac à dos, trois torches, un cure-dents, une casserole, une poêle, une loupe, un parchemin porno, un manuscrit de chants paillards, une tente, une fourrure, une bourse vide, un passe partout4, un kit de crochetage, trois dés pipés, un jeu de cartes, et une outre vin pour seulement 50 klûs !
Ben la prochaine fois, je passerai au « Donjon facile », comme cela je leur en mettrai plein la gueule à ces bandits !
Et oui ! Et tu auras moins l’air d’un couillon !
Ben ouais. Au fait c’est quoi une poêle5 ?
Eh ben… C’est pas gagné !
Vous aussi, venez au « donjon facile », armes de contacts, armes de jet, bottes pour fuir plus vite, tout y est. Venez vite et vous serez vous aussi un vrai aventurier !
Il acheta donc le paquetage pour 30 klûs à la place de 50. Notamment car il ne pris pas l’épée et qu’il donna une compensation à son démonstrateur. Il eu ensuite besoin d’un casque et il alla donc dans l’échoppe « Casques Dur à cuire ». Un nouveau démonstrateur étrangement ressemblant au précédent l’aida dans son choix. Une nouvelle histoire portée par sa dernière mélopée commença :
Dis donc tu as pas un truc pour le mal de tête ?
Eh ben qu’est ce qui t’arrive ?
Je me suis pris un rocher et j’ai mal !
Ben oui, mais je pari que tu n’avais pas de casque « Dur à Cuire »!
Ben non ! Qu’est ce que c’est ?
Attend, je t’explique !
Comme tu voudras !
 Avec les casques « Dur à Cuire », y’a jamais d’anicroches, je parcours les maisons, j’en prends plein la caboche ! Avec les casques « Dur à cuire », tous ces monstres et couillons, je leur met bien profond, c’est moi le maître du donjon !
En ce moment et jusqu’au 9 du mois, pour un casque acheté, on vous offre une botte !
Casques Dur à Cuire ! »
Cet ainsi que notre ami Feldegast, acheta deux casques pour la modique somme de 10 klûs. Il repartait donc avec son heaume « Dur à cuire » et un second pour son petit singe Cab’Hoche, ainsi qu’une paire de bottes qu’il mis aussitôt.
Il avait fait de bonnes affaires en cette matinée : son paquetage « couillon du donjon », ses deux casques, et sa fière Andüril. Il s’en sortait plutôt bien mais son maigre tribu ne serrai sans doutes pas suffisant pour pouvoir subvenir à ces besoins pour un aller/retour jusqu’à Melchioul. Tant pis, il partirai à l’aventure dès le lendemain et il aviserai en route.

Cet ainsi que Feldegast le plus grand héros de tous les temps partis à l’assaut de territoires inconnus, bravant tous les dangers avec Andüril et Cab’Hoche. J’enjolive peut être un peu mais notre bon ami mérite bien cela pour son courage non ? Non, comment cela « non »? Bein tant pis…Vous voulez en savoir plus ? Vous voulez savoir comment cet homme, ne sachant manier aucunes armes et aidé de son singe va s’en sortir ? Alors, lisez la suite…

IV) Où Feldegast part pour l’inconnu en laissant le manoir dernière lui :

Lahn venait de se lever de son mouvement clair et coutumier, tandis que Feldegast vérifiait ses affaires. Pour une personne qui n’était, on peut le dire, point hardi, ce petit homme se débrouillait bien. Un manant qui ne l’avait jamais croisé, aurait pu certainement dire que celui-ci fut un aventurier de renom, ou au moins, un apprenti. Mais au fond de son cœur, Feldegast connaissait ses limites et il savait qu’il devrait s’armer de la plus grande prudence pour arriver à ses fins. Qu’importe, il pouvait, après tout, lui aussi tenter sa chance. Cab’Hoche, lui, s’inquiétait quelque peu de voir que son maître voulait l’emmener dans il ne savait quelle galère. Il le voyait, armé de son épée, vêtus de vêtements chauds et surmonté d’un gros sac, ce qui, entre nous, le rendait encore mois sûr de suivre son « père ». Mais peu importe les inquiétudes, le froid et les dangers, la détermination de notre héros naissant dépassait celle de bien des aventuriers, car en son âme, un pilier indestructible soutenait sa cause. Il se nommait Méluze, Dame Méluze. Et c’est ainsi que tôt ce matin, notre ami et son fidèle singe, Cab’Hoche, partirent vers Melchioul, au Sud Est de Zûog, une ville gobeline. Mais, sur le court chemin qui menait à la porte d’entrée, qui faisait aussi office de porte de sortie, il pensa à son indéfectible soutien. Alors, il s’arrêta un instant et choisit d’informer la maîtresse des lieux de son excursion. Il se retourna et parcourut le chemin inverse, bientôt, il se trouva près de sa chambre, et là, sur le côté, une porte plus large et mieux décorée se dressait, impérieuse et presque hautaine. Comme habillée d’arabesque, celle-ci semblait vivre, tel la gardienne qui protégerai un trésor. Et en effet, un « butin » bien précieux dormait paisiblement derrière ses murs, et c’est armé de tout son courage, c’est à dire de pas grand chose, que Feldegast frappa contre le bois lisse. De ces trois coups simples et légers, un soupire gracieux s’éveilla. C’était, pour sûr, Dame Méluze qui sortait de son sommeil. Notre homme fut soudain pris de peur car il craignait de décevoir sa dulcinée, mais il tînt bon. La porte s’ouvra sur une pièce merveilleuse, c’est à dire à la hauteur de son occupante et là, une domestique lui demanda :
Bien le bonjour à vous, je suppose que vous voulez voir ma maîtresse, mon bon seigneur ?
Heu… Oui, c’est cela, mais je ne veut nullement la déranger dit-il.
Je comprends mais ne vous inquiétez pas, elle seule et très compréhensive raconta t-elle. Entrez donc !
Alors qu’il passait le pas de la porte, il fut envahit jusqu’aux tréfonds de son être par un parfum doux et sucré, à coup sûr, celui de la sublime. Celle-ci, assise sur un tabouret richement orné, se brossait les cheveux d’un geste simple et emplit de grâce. Elle lui adressa la parole, à la grande surprise de notre bon ami :
Vous voilà donc. Je suppose que vous venez me remercier ?
Et Feldegast, tellement intimidé par la douceur de sa voix, ses contours irréels et son parfum venu d’un autre monde, acquiesça simplement d’un hochement de tête. Et elle dit ensuite :
Je vois, ce n’est pas la peine, je sens en vous quelque chose qui m’interpelle et j’aimerai que vous restiez en notre compagnie le plus longtemps possible.
Cab’Hoche riait maintenant en voyant son maître rosir légèrement après l’intervention de la demoiselle. Puis, la jeune femme, toujours vêtue de ses vêtements de nuit, alla vers quelque murs de bois pour se changer. Et elle entama de plus belle la conversation, puisque son invité n’osait point mots dire :
Excusez moi quelques instants mais je dois m’affairer un moment.
Et là, voyant cette être inimaginable, il s’empourpra tel une pivoine et déglutit péniblement. Il voyait les contours de ses jambes graciles, et même, les formes délicates de son corps. Bien sûr, ce n’était qu’une ombre fluette et incertaine qui dansait dans la lumière matinale, mais elle en racontait amplement quand aux contours de la dame. Alors, elle continua de parler, insouciante du regard de Feldegast qui se dérobait dans tous les coins, sous le rire maintenant inaltérable de Cab’Hoche :
D’où venez vous mon brave ?
Heu… Et bein gente Dame, je viens de Cadwallons, mais j’suis originaire de l’extrême Sud d’Allmoon, une ch’tite île sympathique.
Hm… Il doit faire très froid là haut, n’est ce pas ?
Et bein… C’est à dire qu’oui.
Et vous ne dormez pas dehors tout de même ?
Oh neni, n’ayez craintes pour moi, Sire Allmoon, le souverain d’là-haut me protège, me nourrit et me chérit même.
Vous est il redevable d’un service pour vous choyez ainsi ?
Non. Enfin… J’crois pas.
Elle rit tout en se faisant ajuster son corset. Puis elle reprit de sa voix cristalline :
Eh bien, maintenant que je vous vois mieux Sire, dites moi ce qui vous amène ici ?
Je… Heu… bégaya t-il.
Exprimez vous, je ne vous impressionne pas à ce point tout de même. Vous n’êtes pas comme ces gobelins rampants et serviles, n’est ce pas ?
Et elle se rapprocha de lui de son pas de princesse et il réagit enfin :
Non non… Enfin si… Qui n’serait pas troublé par le visage parfait qu’est l’vôtre ?
Vous êtes bien drôle, rit elle de plus belle. Mais que faites vous avec cet équipement ?
Je… Heu… Enfin… Je vais chercher 3000 klûs pour que vos puissiez les rendre à Lord Andromorphe.
Elle fut interloquée et répliqua :
Mais ce n’était pas nécessaire voyons. Nous pourrions trouver un arrangement non ?
Et celui répondit :
Je pense que oui, mais dans l’être raté que je suis, il y a tout de même une once d’honnêteté et une pointe honneur et de fierté. Je vous accorde que le mélange ici présent n’est pas des plus réussi, mais je me dois de vous rendre votre trésor.
Vous allez donc partir… souffla t-elle. Mais vous venez d’arriver… Quand reviendrez vous ? Et où partez vous ?
Je m’en vais vous laisser pour aller à Melchioul, pour la…
Et elle le coupa :
Ne me dites pas que vous allez participez à la grande course ?
Il baissa la tête, comme un enfant pris en faute.
Puis je vous demandez de rester là et de trouver un compromis moins dangereux ?
Il ne dit mot, alors elle compris. Dame Méluze lui énonça donc plusieurs choses :
Veuillez écoutez mes recommandations, vous êtes sous ma protection dans le manoir, et je ne vais pas vous laissez aller parcourir les grandes routes seul6. Je vais donc vous donnez plusieurs conseils et un ordre impératif. Les exécuterez vous Sire ?
Et il ne pus répondre qu’un « oui » enfantin devant l’impérieuse. Elle reprit donc :
Vous serez accompagné d’un de mes trolls et pour ce qui est de la course, vous n’achèterez qu’à un dénommé Cyanolith. Il saura vous procurer le nécessaire et en bon état, mais vous devrez lui montrer la lettre que je vais écrire. Entendu ?
Oui, dit-il simplement.
Ensuite, ne voyagez pas de nuits et évitez les abords de Diisha.
D’accord, répondit il tel un robot.
Dame Méluze se mis donc au travail, elle prit une plume fine et un parchemin. Elle écrivit pendant quelques minutes avant de rouler le manuscrit et de la cacheter avec de la cire. Elle prit son propre sceau et l’apposa sur le liquide rougeâtre encore fondant. Puis, elle fouilla dans ses affaires toujours en ordre parfait, tout comme elle, et offrit certains objet à Feldegast.
Voici la lettre qui vous permettra d’avoir le nécessaire pour la course.
Son regard grave le transperçait toujours et sachant qu’elle n’avait pas terminée, il se tût, ce qui n’était pas dur pour lui.
Je vous offre aussi mon sceau qui, en cas de besoin pourra toujours vous aider. J’ai aussi, pour vous, un médaillon. Portez le et prononcez ce qui est écrit dessus en cas de dangers. Maintenant allez, puisque tel est votre choix.
Il la remercia et partis. Il tourna la tête pour l’admirer encore une fois et elle s’approcha pour l’accompagner à la porte. Elle baisa sa joue et souffla :
Puis je être avec vous et vous portez chance partout où vous serez…

°°°

Peu après, il se trouvait sur une colline d’où il pouvait voir le manoir du sinistre Lord Andromorphe. Comme transformé par ce simple baiser amical, il susurra une phrase à l’adresse du maître des lieux : « Je reviendrai, et là, il en sera terminé de toi… » Le vent emporta aussitôt ses mots et il commença sa route.

Cet ainsi que le dernier arrivant au manoir de Lord Andromorphe partis avec son singe nommé Cab’Hoche, et un troll de combat appelé Buck. Vont ils réussir à parvenir jusqu’à Melchioul ? Sont ils capables de faire la course ? L’amour de Feldegast restera t il inconnu ?
Vous voulez des réponses ? Alors continuez de lire…

Chapitre II :
Lorsque notre duo débute son voyage en espérant éviter les problèmes… Ce qui n’est pas gagné !

I) Où Feldegast subit sa première embûche :

Le manoir du sinistre Lord était loin maintenant. Tout ce passait pour le mieux et Feldegast chantait les chansons paillardes du manuscrit de son kit « couillon du donjon », quant à Cab’Hoche, lui, fumait toujours, assis sur l’épaule du troll cette fois. Notre héros avait des pensées gaies puisqu’il pensait que, d’après la carte, sa petite compagnie venait de parcourir près de la moitié de la moitié de la moitié du mi-parcours, soit, pas grand chose7. Et en effet, ils étaient près de Cadwallons, à une petite journée de marche du manoir. De plus, ce qui l’emplissait de joie tenait en quelques mots : le baiser de Dame Méluze. Ah oui, cette éternité de deux ( 2 ) secondes qui apparemment était de la pitié interprétée en amour. Qu’importe, il se sentait mieux et les problèmes paraissaient utopiques. Donc, pour résumé, notre ami marche dans le lointain accompagné d’un singe et d’un troll de combat, il chante seul des chansons paillardes et avance à pas mesurés, en sorte, rien d’extraordinaire pour les hôtes du manoir, mais pour les autres…
La nuit tomba, et, conformément aux directives de Dame Méluze, il s’arrêta en rase campagne pour dormir. Ce fut douze ( 12 ) heures de tranquillité dans sa petite tente, et ce qui le réveilla fut un bruit sourd et gras, suivit d’un jaillissement de pâte liquide et un peu plus tard, d’une odeur nauséabonde qui lui souleva le cœur. Il prit son épée, croyant avoir à faire à quelques créatures démoniaques, et se trouva nez à nez avec son troll, qui, à quelques pas de la tente, soulageait quelque peu son ventre dilaté de nourritures. Ceux-ci échangèrent un regard sévère pour l’un, et un autre amusé pour le second. Feldegast s’habilla rapidement et remballa le campement pour s’installer un peu plus loin, fuyant les arômes du tas gisant ici. Alors, ils mangèrent tout de même ensemble, autour d’un feu. Mais, notre homme avait perdu son radieux sourire d’hier, car, pour aller à Melchioul, il devait parcourir plus de deux milles ( 2000 ) kilomètres ( km ). Ce qui, pour les petites jambes de notre héros était strictement impossible durant le temps impartit. Il décida donc de changer son itinéraire et de passer à Cadwallons. Il prendrai un bateau et partirai à Zûog, puis descendrai à Melchioul. Le seul problème se nommait argent. En effet, il n’avait que quelques pièces trouvées sur le sol de la taverne, lors de la bagarre générale, et une poigné de malheureux klûs. Il se concerta avec le troll qui ne lui dit que « Back beck sagt da ?8 » et d’autres mots aussi clairs et limpides de sens. Alors, il se tourna vers Cab’Hoche qui, lui, comprit. Le singe parut réfléchir quelques instants et montra le paquetage de Feldegast9. Il gesticula pendant un moment avant que son maître lui fasse signe de se calmer et ne lui donne la permission d’ouvrir le sac. Celui-ci se jeta dessus en manquant de tomber plusieurs fois et prit le mini-couteau. Il désigna ensuite le morceau de fourrure et fit mine de le découper ainsi que de garder la pièce prélevée et l’arme rutilante. Feldegast, maintenant impatient, chercha ce que son ami voulait dire, puis, à bout de nerfs, il acquiesça. Cab’Hoche, heureux comme un enfant déballant ses cadeaux, refit les mêmes actions qu’auparavant mais sans mimer. Il se vêtit ensuite de la peau brune, en faisant une cape, et garda la dague sur lui. Le propriétaire du singe allait hurler mais ce dernier pointa son index vers le ciel, indiquant d’attendre un court instant. Cette fois, il se dirigea vers le troll et fouilla dans le bagage situé à l’arrière. Il y prit une bourse qu’il posa devant Feldegast.
Alors, son maître ouvra l’aumônière et y plongea son regard qui devînt amusé. Il desserra la cordelette qui ceignait le cuir et une multitude pièces se déversèrent dans un cliquetis métallique. Notre héros jubilait de son triomphe quant en plus, lorsqu’il commençait à caresser son singe, Cab’Hoche sortit de son chapeau rond un petit diamant brillant comme une étoile en pleine nuit. Ils dansèrent sous les yeux du troll qui attendaient comme éberlué et ils rangèrent ensuite leurs affaires, ils partaient pour Cadwallons.

C’est donc ainsi que notre héros, dans la plaine qui s’étend entre la cité des voleurs et le manoir de Lord Andromorphe, passa d’aventurier ruiné à héros riche. Notre trio va t-il passé l’étape nommée Cadwallons sans encombres ? Les brigands dépouilleront ils Feldegast et ses deux compères ? Vous le saurez dans le prochaine épisode…

II) Où notre héros prend un court répit. Mais alors très court ! :

Cadwallons, la cité natale de Cab’Hoche, ville de débauche et de misère, temple du vice et gigantesque beuverie. C’est donc là qu’après une courte journée de marche du campement où le troll avait réveillé nos deux compères avec une douceur peu commune, que Feldegast et sa bande s’échoua. Le chef avisé10 qui dirigeait le singe et le troll, fit donc son entrée dans la ville. Il connaissait quelque peu les us et coutumes de la cité franche pour y avoir passée à plusieurs reprises et chercha donc le port, pour prendre un bateau le plus vite possible, et s’en aller loin d’ici. Il traversa donc les rues bondées de monde, frappant le pavé de ses bottes d’hivers, et bifurqua ensuite au travers d’un labyrinthe de ruelles étroites et putrides. C’est ainsi qu’une demi-heure après, ils se trouvèrent sur les quais, devant des navires venus de tout Aarklash. Il avait pensé à prendre une embarcation de nuit et partir, ni vu, ni connu. Le seul problème était que trois ( 3 ) personnes, dont un troll et singe, ne connaissant pas les rudiments de la navigation, auraient sûrement du mal à braver les flots, même calmes. Feldegast se voyait déjà, à moitié mort, rongé par le sel, Cab’Hoche sur la tête qui cherchait du secours et le troll vomissant les poissons morts qu’il avait ingurgité11. Il changea donc d’avis et entra dans une bâtisse qui permettait de prendre le large moyennent une modique somme. Pour quelques pièces, ils partiraient sur un navire gobelin12 le soir même. C’est donc naturellement qu’ils se retrouvèrent dans une taverne, attendant l’heure. Une occasion en or pour Feldegast qui souhaitait testé ses dés pipés…
Comme toujours, au vu des regards plus ou moins louches des voyageurs sales, ils purent deviner la catégorie d’auberge dans laquelle ils se trouvaient. Une taverne crasseuse, de la boisson tiède et infecte, des repris justice à gauche, les évadés au fond, et les futurs repris de justice dans le coin le plus visible. Feldegast diagnostiqua alors une catégorie 2. Il s’assis à une table faite en une espèce de bois flottant, sûrement récupéré dans le fond d’une cale d’un navire en perdition. Il commanda alors trois ( 3 ) chopes de bière : une pour lui et deux pour Buck, le troll. Cab’Hoche, quant à lui, se contenta de son habituel cigare. Notre héros pris un journal qui jonchait le sol malpropre, il l’ouvrit à la page des petites annonces et il tomba sur un message qu’il l’interloqua, comme au « Singe écartelé » :

Voilà, il y a quelques temps de cela, j’ai passé une petite annonce et depuis les choses ont changées. Je rectifie donc.
Je vend toujours l’anneau et je cherche encore un mercenaire assez courageux pour dissoudre cette communauté qui ne me lâche pas.
Autre chose, j’ai réussi, avec l’aide du vieillard - eh oui, il sert un peu quand même – à déchiffrer les écritures qui marquent l’anneau :

Cela dit :

Effglinfy inaillf deklaffyl lefle lerrfinh
Effglinfy inaillf deklaffal heulf parkeln
Effglinfy inaillf deklafful klenk rïdern
Hin inaillf lefle diel likt onu chidin.

Ce qui veut dire :

Un anneau pour mon piercing,
Un anneau pour mon mariage,
Un anneau pour mes rideaux,
Et un anneau pour les lier tous dans mon chaudron.

La traduction est approximative, j’en suis désolé.

Frodon.S

Feldegast rit et se dit que ce petit n’avait pas de chance. Soudain, un homme grand et inquiétant s’approcha. Il semblait venir du désert, et pour cause, il était Dirz. Vêtus d’ample draperie azur, il s’approcha et dit :
Je suis Corwin le grand, puis je venir à votre table mon brave ?
Et Feldegast répondit :
Pour sûr coco, mais pas d’embrouilles où mon troll s’occupera de vous.
La conversation continua sur les paroles du dernier arrivant :
Je viens du Syharhalna, vous connaissez ?
Vaguement… Du sable et des caillasses, non ?
Heu… A peu près… Il y aussi l’Empire de Dirz tout de même!
J’avais oublier les grosses bêtes qui avalent un cheval comme un spaghetti et qui ont plus de cervelles sur les crocs que dans le crâne ! Désolé.
Ce n’est rien, ce n’est rien ! Vous allez où ?
Je vais à Melchioul, la grande course.
Puis je faire route avec vous, je suis un très grand guerrier qui manie toutes les armes connus, je fais de la magie et je connais parfaitement les potions. Je peut venir ?
Ben… Vous avez combien sur vous ?
J’ai cent ( 100 ) klûs et mon équipement.
Donnez m’en cinquante ( 50 ) et une ( 1 ) piquouse de mutagène. Ça ira ?
Cinquante ( 50 ) klûs ! Mais pourquoi voulez vous autant d’argent ?
Le bateau.
Bon d’accord, mais j’ai aussi un esclave avec moi. C’est Koghiba, il devrait ne plus tarder.
Bon ben, envoie soixante quinze ( 75 ) klûs.
Dur en affaire le bougre ! Voilà, prenez cette bourse.
Le fourbe avait mis seulement cinquante ( 50 ) klûs dans l’aumônière et ils burent ensemble à leur association nouvelle. Puis, la porte s’ouvrit et la milice fit son entrée avec Koghiba à l’arrière. Ils étaient armés et regroupaient plusieurs peuples. Seul l’esclave, habillé de haillons gris de ne dit mot :
« Nous allons arrêter toutes les personnes qui sont en fautes. C’est à dire :
Makak le gobelin ?
Présent !
Agar le débile ?
Présent !
Kinois la fouine ?
Présent !
Konen le barbare ?
En voyant que personne ne se manifesta, il répéta :
Konen le barbare ?
Bastoooooooon !
Ouaaaaaais ! Baston !
Et d’un même mouvement, tous les crasseux sortirent leurs armes.
Je vous somme de ne pas résister, où nous…
Visiblement, la flèche qui lui transperçait déjà la gorge l’empêcha de parler. Corwin fit signe à son esclave et demanda à Feldegast :
On fait quoi ?
Et celui répondit avec un haussement d’épaule :
Ben on se barrent ! Quelle question !
Et la compagnie se sauva par la porte de derrière. Ils débouchèrent sur une ruelle sombre et étroite, la pluie détrempant le sol. C’est ainsi qu’en écrasant, non pas la milice, mais les rats qui étaient sur leur passage, Feldegast, Cab’Hoche, Buck, Corwin et Koghiba arrivèrent au bateau. Bien sûr, durant cette course, l’esclave apparemment très doué tomba plusieurs fois. Il ne manqua rien. Poubelles, passants, portes, grilles, murs, sol, marches, vitres : tout y passa. Ces évènements les ralentirent d’autant plus que le troll avait parfois beaucoup de mal à passer et qu’ils devaient légèrement faire de la place, en cassant, par exemple, la baraque d’un clochard. Comme avait dit Koghiba, qui était l’auteur du carnage, « Je ne l’ai pas fait exprès, j’ai retiré la planche là et après badaboum ! Tek tek beurk la caboune ! ». Et voilà comment le groupe de fière héros parvînt à arriver au navire sans trop d’encombres mais avec beaucoup de blessures pour certains. Malheureusement, ils s’en voulaient fortement, dans la précipitation, ils avaient oubliés le plus important. Rien ne pourrait les consoler après cette fatale négligence. A cause de ceci, l’aventure s’achèverait peut être. Je ne vous ai pas dit ? Ah oui, ils n’ont pas finis leurs chopes de bières ! Nous noterons au passage que Feldegast à remarqué que son nouvel ami avait omis quelques pièces et qu’il à préféré remettre une conversation orageuse à plus tard.
Et donc nous arrivons maintenant à la continuité de se voyage : la traversée à l’aide d’un bateau.

Les héros se rapprochent,
Avec quelques sous en poche.
Mais arriveront ils,
A dompter les périls ?

III) Où nos héros rendent ce que la nature leurs à donnée, mais par un autre orifice… :

Bôerkkkkkkkk, dit Corwin.
Huerêkkkkkkk, répliqua Feldegast.
Tandis que Buck renchérit :
Beurkkkkkkkkkk, Sagt SagBeurkkkkkkkkkkkkkkk.
Comme vous pouvez le constater, sur la compagnie, seul deux ( 2 ) personnes résistent au mal de mer : Koghiba et Cab’Hoche.
Beu… Beurkkkkkkkkkkkkk, raconta l’esclave.
Rectification, seul Cab’Hoche résiste au balancement du navire.
C’est donc de cette manière qu’ils admirèrent les côtes de Kel-An-Tiraidh et passèrent le détroit de Larônn. Appuyé au bastingage, ils tentaient de parler troll selon le singe. Mais, un grand érudit noterai simplement et techniquement que les hommes qui se tenaient sur le pont rendaient à la nature, leur dernier repas, mais par une ouverture dont cet emploi n’est pas prévu. Et le sillage colorée de morceau de lapin, de petit bout de carottes bouillis, d’une sauce jaune pâle et d’une traînée verdâtre continua à se dessiner. J’insiste sur les détails comme les déjections de l’estomac de Buck qui s’ajoutèrent ou je passe à autre chose ? Bon d’accord…
Alors après cet épisode, pour nettoyer leurs intestins, ils décidèrent de prendre un peu de bière. Etant donné le prix excessif de celle-ci, ils se rabattirent sur du Champognu13. Ils entamèrent, après quelques chopines, une intéressantes discussion sur les femmes. Koghiba, ayant un peu bu raconta :
Vous savez, je n’avais jamais fait l'amour à ma femme avant notre mariage devant mon Dieu. Et vous ?
Corwin répliqua alors :
J’en sais rien, elle s’appelait comment ta femme ?
Ils rigolèrent donc ensemble et rien d’intéressant ne se passa ensuite, mais je peut revenir sur la succulente description de déjections de nos héros. Je n’ai pas parlé de l’odeur ni de la consistance, mais cela peut se faire… Non ? Bon ben c’est tout. Continuons.
Après cinq ( 5 ) longs et pénibles jours de navigation, ils firent escale dans un petit port et regagnèrent la terre ferme l’espace de quelques heures. Ils se séparèrent donc pour visiter la ville et s’occuper chacun à leurs manières. Feldegast partit à la recherche d’une taverne qu’il eu, d’ailleurs, beaucoup de mal à trouver14. Cab’Hoche bien sûr le suivit, laissant son ami esclave avec son maître, le dénommé Corwin. Eux allaient chacun de leur côté, car le propriétaire de Koghiba voulait être seul. Cet alors que l’asservit lui, visita les quais, préférant l’air marin, et que son possesseur, alla dans un tout autre lieu… On signalera aussi que Buck reste affalé sur le pont en conséquence du tonneau bu peu avant.

IV) Où la journée se finis en beauté… Ou presque… :

Visitons tout d’abord la ville avec les yeux des deux ( 2 ) compères de départ. C’était en tout et pour tout un vaste lieu de passage qui se remarquait par ses constructions bien plus usuelles que touristiques. En effet, toutes les maisons se tournaient vers la mer, vaste toile d’encre houleuse battue par les vents. Elles se ressemblaient toutes. Un large toit d’ardoises bleues nuit qui surmontait une charpente de large poutres, faites sans doutes d’espèces d’arbres locaux, le tout s’appuyant sur des murs de torchis sales et mordus par le sel. Feldegast qui cherchait la taverne finis par demander à un passant qui lui indiqua le chemin. On pourrait penser que l’aubergiste voulait avoir le moins de clients possible, au vue de son emplacement. Car pour s’y rendre, il fallait tourné dans un dédale de ruelles sombres pour enfin arriver à un escalier encombré de détritus. Pour faire simple, l’odeur nauséabonde se répandait à partir des déchets contenus dans les sacs qui stagnaient contre le mur soutenant la porte, et les rats grouillaient comme une légion ténébreuse sur les marches. Notre homme entra dans un couinement qui annonça sa discrète arrivée et se dirigea vers le comptoir. Il beugla : « Deux ( 2 ) bières ! » et demanda au patron le journal : « l’actu ». Il tourna rapidement les pages et lu les petites annonces :

C’est encore moi. Je préviens les éventuels mercenaires que les effectifs à éliminer sont maintenant réduits. En effet, un certain « Balrog » à fait tombé le magicien dans un trou. D’ailleurs, à l’heure où je vous parle, il n’a sûrement pas touché le fond. Je remercie donc bien fort cet ami qui est malheureusement lui aussi en cours de chute vertigineuse.
Je voudrai signaler que le cupide est lui aussi mort dans un tragique accident. Apparemment, il est tombé dans une embuscade où quatre flèches ont transpercées son torse. Regrettable incident.
Autre chose, je me suis sauvé et je compte me cacher le temps qu’une personne s’occupe d’eux.
D’avance merci.
Frodon.S ( caché )

Encore une fois, à la lecture de cette annonce, Feldegast rit. Cab’Hoche qui ne savait pas lire fit de même, car si il avait pus se justifier, il aurait dit : « Tous ce que le maître fait est bien. Alors je fais le maître ! ». Mais ne pouvant parler au sens littéral du terme, il gloussa gaiement. Laissons maintenant notre duo qui finis la journée en se rinçant le gosier de chopes de bières, et rejoignons Corwin, qui, au même moment, profite de son temps autrement…

°°°

Le dernier arrivant c’était donc séparé de son esclave qui, dans ce genre d’endroit, ne pourrai être que gênant. Car celui-ci obstruait grandement son chemin depuis qu’il en avait fait l’acquisition. Il valait donc bien son prix : une promotion à Klûne, c’est à dire une poignée de klûs. Pour décrire l’endroit dans lequel notre sire se trouvait, je pourrais simplement vous dire qu’à l’évocation du nom de l’établissement, l’on comprenait vite. « Au plaisir charnel ». Des banquettes s’étalaient dans tous les coins et de grands draps diaphanes faisaient office de cloisons. Il y entra et prit place sur un monticule de coussins chatoyants. Là, il attendit patiemment qu’un gobelin15 s’approchent et que celui-ci lui demande :
Bonjour mon brave, que venez vous chercher en ce lieu après une dure journée ?
Je souhaiterai avoir des distractions et du repos, si vous voyez ce que je veut dire.
Bien. Monsieur souhaite voir une personne en particulier ou préfère t il passer commande ?
Je vais prendre une demoiselle fine et gracieuse, de préférence blonde avec des yeux azurés, de mon âge et exotique.
Bien, j’amène un bon cru à monsieur.
Après quelques minutes d’attentes, la petite créature s’approcha, suivit de trois ( 3 ) femmes courtement vêtus.
Celle de droite s’appelle Belka et vient d’un village Sessairs. A sa gauche se trouve Melva, une barhanne, et voici Lekfil, une Drune venue de Cadwallons. Que prenez vous ?
Je choisir la petite première et nous allons nous installer ici, fermez les tentures lourdes et laissez nous en paix.
Bien, le client est roi.
Alors cet ainsi que notre bon ami trouva un peu de réconfort dans les bras de cette charmante dame qui, bien que peu farouche, avait une pointe de craintes légèrement cachée. Il passa donc toute l’après midi ainsi que la soirée à prendre le plaisir recherché avec cette ancienne Fiannas. C’était une belle femme, avec de long cheveux blond, comme les champs de blé qui cerclaient son village natale. Ceux-ci, encadraient un visage angélique et profond où se trouvait deux ( 2 ) lacs miroitant son âme. Des yeux bleus azurs, délicats et expressifs… Elle possédait aussi, et ce n’est pas rien de l’omettre, des formes pleines et emplies de grâce. Un ventre plat, où trônait un nombril parfait, se prolongeait par de longues jambes effilées… Dans ce pareil lieu, Corwin, fatigué d’une lourde journée de voyage, fut fortement étonné de trouver une reine. Pour autant, il ne s’y trompa pas et profita pleinement de son après midi, en dispensant des cours de survie à la jeune femme. Il lui apprit notamment à partager la chaleur humaine et aussi à exécuter un bouche à bouche des plus parfait.
Après quelques temps, il eu terminé sa partie de plaisir et prit de la bière. Encore une fois, ce fut un gobelin qui s’occupa de la besogne en apportant une chope de ce précieux liquide. Tiède et légèrement corsée, elle honora notre ami. Une bonne fin de journée s’annonçait donc pour ce héros…

°°°
Koghiba ! Homme simple d’esprit comme de caractère... Ses parents l’avaient vendus au marché des esclaves, car celui-ci ne pouvait ni travailler à la ferme natale, ni dans des métiers demandant un certain quotient intellectuel. Ce pauvre petit être n’était, on peut le dire, pas gâté. Tout d’abord, il trouvait tous les moyens possibles et imaginables de s’attirer des ennuis, et ce, sans les chercher. Un « don » en quelque sorte. Dans la galerie des bévues qu’il agrandissait un peu chaque jour, on pourrait citer : l’incendie de tout un village, de nombreuses bagarres déclenchées accidentellement, la perte de biens précieux, l’effondrement d’une cathédrale Griffon en construction, et tout un tas de gaffes plus étranges les unes que les autres. Et encore une fois, il ne calma pas sa réputation. Seul sur les quais, il cherchai un moyen de se racheter au prêt de son maître, pour que celui-ci ai un regard plus positif sur sa personne. Il trouva un moyen simple et ne comportant que peu de risques. Il entrerai dans une boutique et déroberait un objet fort précieux. Ensuite, il montrerai sa trouvaille à Corwin et serait féliciter. Et en effet, ce fut une réussite… Enfin presque ! Comme il le raconta après à son ami, ce n’était pas de sa faute !
J’ai marché tranquillement et je suis arrivé dans un endroit appelé « Chez Bébert. Bar – Tabac – PMU 16» et j’ai commencé à chercher quelque chose qui pourrait vous intéressez. J’ai d’abord pensé17 à prendre un rubis, mais je me suis dit : «  Pas la peine, le maître en as déjà eu ! Quel idiot je fais !18 ». Alors je l’ai rendu et j’ai prit une carte de jeu très bien cachée et difficile d’accès, j’ai usé de toutes mes ruses19 pour l’avoir !20 Mais, cela ne sert à rien d’avoir qu’une seule carte, alors j’ai essayé de prendre le jeu en entier. Pendant que certains hommes jouaient, j’ai tenté une diversion en disant : « Regardé le brontops rose avec des ailes là haut ! » mais ils n’ont pas tous cherchés à contempler ce légendaire animale21. J’ai alors courut encore et encore et une jeune femme parfaite me cria « Court Koghigump ! Court ! ». Alors j’ai courut encore et encore… J’ai fermé les yeux et j’avais l’impression d’être le plus rapide de tout le continent ! Et soudain, j’ai glissé sur un détritus22 et là ben… Et non ! Je ne suis pas tombé ! Mais je me suis cogné contre le mur. J’avais pas vu que la rue était un cul de sac ! Un drôle de personnage m’a alors remis sur pied et il m’a dit : « Rend moi cela vaurien ! Et ne joue pas au Alahel avec moi ! » J’ai donc posé les cartes sur le sol et quand il s’est baissé pour les reprendre, j’ai fait de même pour frotter mes chausses. Alors, sans le vouloir, mon casse à cogner contre son crâne dégarni et il tombé. Je me suis enfoui et je suis venu vous voir ici. »
Ainsi fut le récit court et commun de la dernière bévue de notre Koghiba, allias Koghigump, raconté par lui même à son maître qui décréta un retour des plus rapides au navire gobelin.

Vous voulez connaître la suite ? Bien, alors faut lire…

L’équipe de choc,
Va vers la course.
D’un seul bloc,
Pour une bourse !

Chapitre III :
Lorsque le voyage s’achève et que la course s’approche…

I) Où le navire accoste et où notre héros fait preuve de ruses… Ce qui n’est pas courant !

Alors pour vous dire à quel point notre compagnie est surprise de voir tant de splendeurs dans cette petit ville, je vais vous la décrire quelque peu… Jaloux s’abstenir…
Commençons par le plus impressionnant : les plages ! Et oui, de vastes étendues de sable fin et doré cerclaient le port et de magnifiques créatures s’y reposaient. On pourrait croire que celles-ci fussent des sirènes ou des nymphes, mais la réalité était tout autre. Devant eux sommeillaient en fait toute la bourgeoisie Barhanne et Akkylanienne. Les jeunes femmes aux corps de rêves et aux visages délicats bronzaient ici, sous leurs yeux écarquillés. Le tableau rendait merveilleusement bien : là, les déesses sur les plages au milieu des coquillages blancs et des crustacés orangés, plus haut, le port en effervescence. Car le havre abritait aussi de splendides oiseaux qui survolaient des embarcadères de bois luxueux et propres. Plus loin, à son embouchure, des dauphins caressaient la coque de navires argentés sous l’œil unique d’un phare cyclopéen. Le géant semblait scruter et protéger tous les habitants, mais il aurait été plus vraisemblable de dire que celui-ci admirait la joie côtière. En effet, baigné d’une mélodie inlassable qui regroupait les meilleurs orchestres du continent et le bruit des vagues léchant la roche, le port gardait en son sein des trésors inconnus. Car à l’intérieur se trouve l’élite des cuisiniers, et la nourriture accommodée enivre la ville entière de son parfum pur et sucré. Enfin… Ce petit paradis aux milles cours d’eau, à la végétation impressionnante et aux forêts giboyeuses pourrait porter le tire de « havre de paix », tout en faisant pâlir de jalousie les plus belles villes d’Aarklash…Je pensais ne pas remettre cela mais je dois dire qu’encore une fois, j’ai enjolivé quelque peu les choses. Tout d’abord, les « plages », si l’on peu donner ce nom à des endroits pareils, tenaient plus d’un vide-ordures que du lieu touristique. Il n’y avait aucunes beautés sur ces étendues de cailloux, mais plutôt des algues, des caisses de poissons in varié et du bois flottant arraché à des épaves. Donc pas de belles Lionne ni de jolie Griffonne, mais du hareng pourri et du beurka étripé24. Pour ce qui est des coquillages, il y avait bien quelques petites carapaces entre les caillasses et des restes de cadavres rejetés par la mer, ainsi que les poltrons qui avaient marchés sur une planche défectueuse d’un des embarcadères, mais rien de très recommandables. Ensuite, pour diriger les navires, il n’y avait pas vraiment de géant à l’œil flamboyant pour indiquer de direction, mais plutôt un nain de pierre d’où sortait une fumée noire et épaisse, antre des bandits de la ville. Occasionnellement éliminé de toute la racaille qui s’y trouvait, cet amas de rocs crasseux flambait donc de temps à autres. Le port n’était pas survolé de beaux oiseaux même si quelques mouettes faisaient des raids sur les passants, se délestant de fientes malodorantes et liquides au passage, et aussi des chias, mieux connus sous le nom usuel de « chieurs ». Ceux-ci portaient bien leurs noms car en plus des nombreuses interventions armées d’excréments toujours plus nauséabonds que la fois précédente, ils couvraient le tumulte de cris de poissonniers, du battement des forges et des batailles de tavernes, par le hurlement stridents et moqueurs qui lui était propre. Aussi, le port regorgeait d’eau, c’était bien vrai, puisque contenu du climat pluvieux, les toits sales étaient sans cesse lavés et que l’océan tout proche amenait son lot d’inondations au grès des marées25. La ville portait donc bien son surnom de « Zûog la noyée », qui précédemment s’est arrangé en « paradis aux milles cours d’eau ». Si l’on parle de forêt giboyeuse, c’est que, non loin de la cité, une meute de Wolfens massacre tous les voyageurs de passages et que dans les arbres se trouvent bien de la viande, quelque fois humaine mais souvent gobeline. J’ai aussi écrit que la végétation est impressionnante, et je dois dire que là, c’est tout à fait vrai. Tout d’abord car c’est le marécage le plus près d’une zone urbanisée et aussi, ce n’est pas rien de l’omettre, que les plantes y sont... étranges, comme vivantes. En même temps, toute la flore est censée vivre, mais là, je dois dire que les arbres tels que le « ghijakelminarelthnobirakanijukh », aussi sur nommé le « miam-miam », ou encore le « Sovkipeu », sont particulièrement vivace, pour ne pas dire extrêmement dangereux, puisque ces plantes mangent tout ce qui passe à leur portée. En réalité donc, ce « paradis » tiens plus du camps de survie ou du parcours du combattant que du « havre de paix », et c’est pourtant là que notre duo constitué de Feldegast et Cab’Hoche, accompagné du troll Buck et suivit de Corwin et son esclave Koghiba, débarque enfin.

Lahn se couchait déjà et dans la chaloupe qui touchait enfin les cailloux de la plage, nos amis s’interrogeaient sur leurs avenirs proches. Feldegast commença :
Dit moi le fourbe, que comptes tu faire maintenant débarqué ?
Eh bien, je compte faire la course. Mais pourquoi m’appelles tu le fourbe ?
Tiens donc, tu t’inscris aussi. Je suppose que ton partenaire est ton esclave, n’est ce pas ?
Et comme celui-ci acquiesçait, il continua :
Franchement tu penses avoir une chance de gagner avec ce véritable boulet ! Laisse moi rire ! Et j’aimerai te dire une chose, je t’appelle le fourbe pour l’argent que tu n’as justement pas mis dans l’aumônière lors de notre rencontre. D’ailleurs, tu vas me le rendre maintenant.
Je pense avoir une chance de vaincre, mais mon objectif premier est de tester du matériel dernier cris, fabriqué par mes collègues du désert. Et de plus, comment comptes tu t’y prendre pour m’obliger à te donner ne serait ce qu’un klûs !
C’est bien simple. Tout d’abord, toi qui prétend avoir tant de capacité s’en ai toujours retourné vers moi lors de nos problèmes. Tu es venu me trouver et tu à l’air d’être habitué à fuir. J’en déduis que tu n’es donc pas si fort. Nous pouvons, je parle bien sûr de mon ami Cab’Hoche et de mon protecteur Buck, aisément t’occire et te balancer par dessus bord, qu’en dis tu ?
Je pense que tu parles beaucoup et que tu n’oserais point. En revanche, je crois aussi qu’il vaudrait mieux que nous nous séparions en bon termes. Voilà donc ce que je t’ai promis et voici aussi un cadeau de ma part.
Il tendit un objet à Feldegast et reprit :
Ceci est, si tu n’as pas remarqué, une arbalète des sables que j’ai moi même transformé. Je n’en ai plus besoin. Apprends donc à t’en servir. Surtout l’option avec le câble qui peut toujours t’assister. Sur ce, nous allons descendre, alors bonne route, et fais bien attention à toi mon ami. On se revoit à la course !
C’est cela, à la course… souffla t-il.
Dans un léger fracas qui mis, comme de fait, l’esclave dans l’eau crasseuse, nos amis accostèrent en territoire No-Dan-Kar. Au hasard des ruelles qui étaient inconnues à Feldegast, notre héros et son singe cherchèrent le gobelin nommé Cyanolith. Apparemment, sa boutique ne devait soit pas être très connue, soit peu fréquentable. Mais, après tout, il faisait confiance à Dame Méluze, et elle avait foi en ce rejeton. Alors, pourquoi s’inquiéter ? C’est sur ce qu’il entra dans une taverne nommé « Au chia crevé ». Il alla au comptoir, passage obligé, et il commanda une traditionnelle chope de bière fraîche. Ensuite, lors de sa seconde emplette, il s’adressa directement à l’aubergiste rougeaud qui tenait un verre dans la main droite, et un torchon dans la gauche :
Hé l’ami, je cherche un dénommé Cyanolith. Tu peut m’aider ?
Pour sûr que je le connais, mais vous savez, les temps sont dures… Vous comprenez ?
Bien sûr mon brave, tenez, prenez donc cette modeste contribution à votre bien être.
C’est ce qu’il raconta en lui offrant quelques pièces pour renchérir de plus belle :
Alors, êtes vous plus prompt pour une conversation maintenant ?
Pour sûr. Cyanotlith s’est installé dans une petite bâtisse à côté du circuit. Il à toujours de la bonne marchandise à condition d’y mettre le prix.
Très bien. Comment dois je faire pour me rendre chez lui ?
Prenez donc la rue qui longe l’avenue principale de Mlechioul. Vous tomberez dessus sans problèmes. Mais avant de partir, je vous met en garde, il a un animal avec lui, une bête qu’il nomme « Casse Trogne ». Prenez vos distances si votre bourse sonne le glas de la misère.
D’accord, je ferai bien attention.
Encore une chose, évitez Ekmel et sa milice, ils n’aiment pas les gagnants potentielles et tous les marchands lui doivent obéissance pour sauver leurs commerces.
Merci bien.
Au moment où il allait franchir le pas de la porte, un grand homme costaud et à l’allure peu commode entra. Il cria :
Qui va faire la course ici ?
Moi, répondit un homme.
De même, répliqua un second.
Et j’y serai, dit un dernier.
Feldegast, lui, se tût.
Aubergiste, sait tu si d’autres y participent ?
Et bien… C’est à dire… Bégaya l’homme.
Parles où je te fait fermer !
Celui-ci cherchait un revendeur, mais c’est tout ce que je sais.
Bien. Emmenez tous les participants. Direction geôle 4 ! Et que cela saute ! beugla celui-ci qui interrogeait.

Plus tard, Feldegast qui était enchaîné, se trouva dans une pièce humide et froide. Les murs pisseux l’entouraient et semblaient se rapprocher. Inquiet, il regarda autour de lui.
Les personnes arrêtées dans le taverne attendaient là. D’autres patientaient aussi, mais plus loin. Il demanda à tous :
Où suis je ? Et qu’est ce que je fais là ?
Tiens, Feldegast ! Je vais t’expliquer, approche toi va !
Corwin lui offrit une bonne poignée de main et une place sur les dalles tristement équarries. Ensuite, il lui donna des explications :
Celui qui t’as arrêté est Ekmel, un ancien inquisiteur qui a mal tourné… Il allait poursuivre mais son ami le coupa :
Certes, mais je n’ai rien fait !
Ils disent tous cela ! Même si dans ton cas c’est vrai. Toi, c’est parce tu allais t’inscrire à la course. Son maître y participes et il doit avoir pour ordre de dissuader d’éventuels concurrents. La majorité sont là pour ça tu sais, mais d’autres sont des criminels, des brigands… Leur point commun étant, outre les délits et fautes, leur innocence ! Ecoute bien ! Et notre homme interpella un voyou :
Hé ! Toi ! Qu’est ce que tu as fait pour être ici ?
Justement je suis là pour quelque chose que je n’ai pas fait !
Ah oui ! Et qu’est que c’est mon brave ?
Bien… Courir ! J’ai pas couru voilà tout !
Corwin se retourna vers Feldegast et lui susurra :
Tu vois, je te l’avais dit ! Ils sont innocents ! Ou presque… Je te l’accorde !
Il enchaîna en racontant comment il s’est fait arrêter :
Tu vois, moi je me suis fait arrêter à cause de Koghiba. Etonnant non ? Pour tout te dire, lorsque Elkel à demander si il y avait des participants pour la course, je me suis dit que c’était pas bon pour nous. J’ai donc mis mon capuchon et j’ai ensuite commencer une lente procession vers la porte de sortie. Tout ce passais bien. Un ( 1 ) mètre, puis deux ( 2 )… J’ai entamé le cinquième ( 5 ), et il ne me restait plus que le dernier en vus. J’ai alors entendu : « Bien sûr qu’il est là, c’est lui qui se cache là haut avec la capuche sur la tête. C’est le grand Corwin, mon maître donc… On est là pour la course, vous savez, avec les bolides. »
Elkel lui à répondu qu’il connaissait et il nous à embarqué. Le pire étant qu’il m’a provoqué en me disant, « Votre esclave est… Comment dire… Jeune, courageux… Mais surtout, pas très avisé ! Allez, en route mon couard ! ».
Si tu le souhaites, on pourrait faire un échange, tu me donnes ton singe et tu prend Koghiba et 100 klûs, non ?
Cela ira, garde ton boulet !
Corwin demanda ensuite :
Où est Cab’Hoche ?
Je crois qu’il cherche à manger.
Et où est passé ton servant ?
Ben, il cherche des rats ! Qu’est ce tu veut, cela l’occupes !
Soudain, Feldegast se rappela Buck, où était il donc passé ? Il posa donc la question à son ami le félon qui lui en apprit autant qu’il en savait déjà26. Ainsi, les deux compères vite séparés et encore plus rapidement retrouvés, attendirent leur heure. Et c’est donc quelques temps après que Cab’Hoche revînt, un ( 1 ) rat sur chaque épaule, suivit par Koghiba, lui bredouille. Par geste, tout en mangeant, il expliqua que le troll patientait en cellule 3, autant dire, celle accolée. Soudain, au terme de ce repas non partagé, Ekmel entra dans un grand fracas. Il s’expliqua :
J’ai pour ordre d’arrêter tous les participants de la grande course. Vous serez peut être relâchés27 et avant cela vous êtes à moi. Obéir est le seul mot que vous comprendrez à l’avenir ! Encore une chose, vous répondrez toujours « Oui maître ». Me suis je bien fait comprendre ?
Et certains répondirent d’une voix faiblarde :
Très bien chef…
C’est pas « Très bien chef », c’est « Oui maître ! » ! Compris ?
Oui, maître, entonnèrent les prisonniers.
Corwin dit alors à Feldegast :
Tu vois quelque chose pour nous sortir de là ?
Hé bien… J’ai encore quelque tours dans mon sac, mais voyons l’avenir !
Et que dire le futur ?
Il raconte que je vais dormir et que tu as pas intérêt à pas ronfler ! Sur ce, bonne nuit !

Ruse ? D’accord, c’est dans le titre… En fait, c’est juste pour faire remarquer que Feldegast est pas si bête et qu’il récupère l’argent omis de son ami Corwin le félon. Sinon, il est toujours aussi intelligent… Mais ne vous inquiétez pas, question bévues, il va se reprendre très vite… Comment ? Faut lire la suite bande d’incultes !

II) Où la joyeuse compagnie s’enfuit avec tous les participants… :

Après le troisième ( 3ème ) jour de détention, nos amis commencèrent enfin à chercher une solution efficace. En vain… Ou presque puisque c’est le cerveau de Koghiba28 qui trouva un plan29 de sortie organisé, plus communément nommé « fuite ». Cela consistait en plusieurs points :
1°) Faire un trou dans le mur et libérer Buck.
2°) Sortir par la porte.
3°) Courir dans tous les couloirs en espérant trouver une sortie.
4°) Se rejoindre à l’arène.
Simple non ? Hé bien non… Tenez, lisez la suite…
Pour commencer, Cab’Hoche grimpa le long du mur jaunis et fit comprendre au troll qu’ils allaient tenter30 de sortir d’ici. Après plus d’une heure d’explications, ils se résolurent à lui dire qu’il y avait à mangé dans leurs cellules, seul moyen de le faire bouger. Et en effet, ce fut réussi ! Peu après ces explications à portées de son esprit, on put entendre le mur du fond céder sous les coups de Buck. Malheureusement, une pierre blessa quelque peu un mendiant sourd qui n’avait hélas rien perçut. Lorsque je parle de blessure, il serait dans ce cas précis plus explicite de raconter comment le roc s’écrasa sur le crâne de l’homme. Pour tout dire, le bloc fit passé l’humain dans la catégorie des invertébrés sur le tableau de l’évolution, et ce en quelques secondes.
La première étape achevée, ils commencèrent la seconde : sortir par la porte. Corwin haussa le ton en demandant à son esclave :
Ton plan prévoit quoi là ?
J’y ai pas pensé, on a cas aviser. D’accord ?
Non pas d’accord et tu vas te prendre une sacré perd de claques et…
Feldegast le coupa et le calma aussi :
Pas de panique l’ami, il y a bien une personne qui peut nous aider ici. Regarde cette assemblée de fripouilles. Est ce qu’une personne aurait des talents de voleurs parmi vous ?
Pas de réponse de la part de l’auditoire et Corwin commence à frissonner.
Reste zen, pas de panique. Est ce qu’il y a des filous ?
Silence dans la foule, le stress apparaît.
Des bandits ?
Rien, la tension monte de plus belle.
Des brigands ?
Nada, cela devient insoutenable pour le fourbe.
Il n’y a pas de racaille douée, de vieux manants malicieux, de cambrioleurs retraités, de coquins, de voleurs, de pègres, de détrousseurs, d’illusionnistes, de magiciens, d’ escamoteurs ?
Aucun bruits.
Bon ben, Corwin, c’est maintenant qu’on panique !
Maître, puis je parler ?
Essaie un peu. Ne me dis pas que tu as une idée ?
Ben… C’est à dire que… Enfin eh… Oui !
Garde là alors, il vaut mieux je pense !
Mais je…
Mais tu te tais, répliqua le propriétaire de l’esclave d’un ton acerbe.
Pour une fois, Koghiba prit conscience qu’il devait s’écraser et marcha donc vers la porte. C’était son plan, il fallait qu’il réussisse. Il se souvînt alors d’une histoire avec une personne un peu enveloppé31 et un blondinet avec un casque ailé qui portaient tous deux la moustache. Aidé d’un druide barbu, ils sortirent d’une prison simplement en défonçant les portes. Il s’avança alors, les imitant en criant :
Attention, on sort !
Et au garde en poste juste derrière de ricaner :
Oui, et moi je suis la reine Trys la divine !
Notre esclave appela Buck et lui commanda de marcher sur la porte, car toute la nourriture promise se trouvait derrière32. Il s’effectua et le pauvre manant en faction fut réduit dans tous les sens du terme. Tout d’abord, ces dimensions en largeurs, hauteurs et épaisseurs furent divisé par deux. Ensuite, d’homo sapiens sapiens33, il passa à mollusque. Sa cervelle étant déjà flasque et petite, elle n’eu aucun mal à ce liquéfier sous le choc pour couler dans la moelle épinière et descendre pendant quelques minutes. On remarquera aussi que le brave à souillé son armure pendant que le troll grognait derrière la porte. C’est donc ainsi que Koghiba mis un terme à leur emprisonnement et que la petite compagnie prévenue rassembla les participants à la course et les repris de justice. Ainsi, ils partirent ensemble vers la troisième étape. Elle consistait à courir dans tous les sens possibles et inimaginables pour trouver la sortie. Plutôt que de faire cela, l’intelligent Corwin qui n’avait pourtant pas semé de petits cailloux, interrogea la troupe constituée des dix ( 10 ) cellules du couloirs. Il demanda donc :
Vous êtes tous venus par la même entrée et l’un d’entre vous à sûrement du repérer le chemin. C’est par où ?
A droite, répondirent ils d’une voix monotone.
Vous dites tous à droite ?
Oui, répliquèrent ils avec une absence totale d’enthousiasme et de conviction.
Non non, c’est trop louche cette histoire. D’habitude l’un dit à gauche, l’autre à droite, un troisième tout droit et un dernier invente une thèse. Vous êtes tous d’accord pour tourner là, à notre droite ?
Oui.
Non, c’est trop étrange, je vais tout droit. Qui me suis ?
Et tous le monde acquiesça.
On est partis déclara Corwin !
Et ils allèrent donc tout droit, sous l’œil endormit du félon, le regard éteint de Feldegast, la direction de Koghiba et la protection de Cab’Hoche. En somme, ils ne risquaient rien. Buck défonçait les portes tandis que le vacarme de la procession de se faisait entendre. Certains discutaient :
Tu te nommes comment ?
Je suis Mych’Al. Et toi ?
Kouill’on. Mais dis moi, t’es là pour quoi ?
Je suis soupçonné d’avoir volé une orange. Mais c’est pas moi qui l’a volé…chantonna t il avant d’être coupé.
Tais toi, répondit son voisin34.
Mais je te dit que c’est pas moi qui l’a volé. Vous vous trompez moi je courais partout dans la montagne regardant les étoiles les yeux dans les yeux… Vous vous trompez moi j’étais à le recherche de l’oiseau bleu…
Et on put apprécier ensuite le « Bang » sonore d’une casserole frappant la tête de se Mych’Al.
Quelqu’un à une pelle pour cacher cela maintenant qu’il a trouvé ses piafs ?
Tandis qu’un troisième expliqua que c’était une erreur, que celui qui gisait par terre avait fait une école réputée… Elle se nommait « Blaireau Académie » et l’on y apprenait, ou plutôt faisait semblant, les arts de la scène. Et peu après que cette petite aventure dans l’épopée de Feldegast et sa troupe fut réglé, ils se reposèrent un peu. Le silence ce fit pour une fois et une mélodie apparut soudainement. Corwin qui croyait reconnaître cette air approcha d’une porte et l’ouvrit. Il  y entra, suivit de quelques curieux. Et là, contre toute attente, une jeune femme châtain avec des couettes et une robe verte foncée appela :
Holà mesquieurs ! Beinvenue à la taverne du « Coup en Zurzis ». que puiz faire pour voux ?
Et bien ma petite dame, je dois dire que j’aimerai bien prendre une bonne bière et mes amis achèteront peut être à manger. Je prend cette table, près de la sortie de service.
D’accord.
Puis elle s’adressa aux compères :
Zes zires aimeraient ils un peu de zoupes ou autres zoses ?
Heu… Des bières fraîches et j’sais pas. C’est quoi votre plat du jour ?
Auzourd’hui c’est zustement la zoupe de zangsues des marais de No-Dan-Kar . Z’êtes intéressez ?
Partis, envoie ta zoupe ! Ta soupe je veut dire.
Et la servante de la taverne du « Coup en sursis » prit toutes les commandes ce cette joyeuse bande. Feldegast s’installa à la table de Corwin et prit le journal.

C’est moi, Frodon.S. Je suis encore en train de marché et j’aimerais que vous ne preniez en compte que cette annonce. Tuer l’être qui me suit sans relâche. C’est une créature qui pue, qui mange salement, il faut bien le dire, et qui chante des histoires de poissons meilleurs crus.
Il empeste, il me surveille tout le temps et répète toujours la même chose. Il n’a de cesse de cracher de gros glaviots glaireux et de crier « Gollum ».
S’il vous plaît, tuez le !
P.S : Cherche aussi chausses confortables pour petits pieds poilus.
Milles et un merci.
Frodon.S

Il ria et remarqua que ce petit hobbit en vivait de belles. Il continua sa lecture tandis que Koghiba cherchait des cartes sous les tables pour compléter le jeu qu’il comptait offrir un jour à son maître et que ce dernier discutait maintenant avec la serveuse. Cab’Hoche, vautré près de son ami, fumait un gros cigare et observait l’auberge d’un œil torve, comme convenu dans de genre d’endroit. Le plus étonnant est que Buck trouva deux ( 2 ) autres trolls pour jouer au poker.

Cet ainsi que la fuite amorcée, nos héros prennent une pose à peine mérité et achève se retrait dans le plus grand capharnaüm…
Sur ce, continuons…

III) Où la roue tourne… Et pas dans le bon sens… :

Au milieu des murs de fumée du cigare de son singe, Feldegast attendait… Certains pensaient qu’il patientait pour trouver une réponse, d’autres spéculaient sur le fait qu’il sommeillait un peu. Et bien, pour vous dire, ils se trompaient tous et j’ai pas envie de vous expliquer sa raison, donc lisez la suite. Corwin lui, tentait de concrétiser avec la seule femme à sa portée. Il obtenait bientôt son premier baiser avec cette dame lorsque l’orchestre nommé « La lambana chenillette » entama son hymne appelé : « La chenille jaune ». Et tous les êtres ivres, les pochards, les poltrons, les ivrognes, accompagnés d’imbéciles et de tarés profonds se joignirent à cet insecte humain. Les mains sur les épaules du précédent et celles du suivant sur les siennes35, ils parcouraient la taverne à la recherche de participants supplémentaires. Bien sûr, notre expert en séduction ne pus que suivre sa donzelle, et Feldegast, ne pus qu’en rire. C’est vraiment bête, à deux ( 2 ) doigts de concrétiser se retrouver à faire le mariole36 ! Alors la chaîne humaine se faufila entre les tables et arriva vers Cab’Hoche et son maître. Sur ordre du propriétaire, le petit singe y participa dans le but de récupérer quelques objets précieux dépassant un tantinet des poches des participants. Notre ami, lui, trouvant cette danse ridicule, et sûrement à juste titre d’ailleurs, resta à sa place. Puis, cet asticot passa non loin d’un barbare proche de notre héros. Malheureusement pour lui, un homme proposa au Sessairs de se joindre à la danse. Il eu ceci en guise de réponse :
Dégage vil asticot !
Et le géant envoya un grand coup de poing dans la face de l’autre humain. Puis il reprit :
T’avises pas de posé tes pattes sur moi ou tu finis avec une hache dans le dos ! Maintenant barre toi avec ta chenille et file droit, compris !
Oui m’sieurs. Mais permettez de moi de vous dire qu’un paysans comme vous apprécierait cette joyeuse danse. Ne voulez…
Et il fut coupé par deux choses. La première étant :
Ahhhhhhhhhh ! Je suis pas un paysans moi !
Et la seconde fut sans conteste la large hache qui avait ouvert le ventre du pauvre. Les tripes de celui-ci s’en échappaient et d’une main faiblarde il essayait de les maintenir en place. Sans résultats. Il marcha donc vers la porte en espérant pouvoir s’appuyer contre le comptoir. Il y arriva mais trébucha sur son intestin qui marquait son itinéraire. Il s’arracha donc lui même les viscères et mourut à la suite, affalé contre la porte. Ce qui, selon Feldegast, fut fort dommage. Non pas que notre homme voulait participer à la chenille ou se faire un ami, mais c’est que le bruit risquait d’alerter les gardes en factions dans les couloirs peut être proches. Et malheureusement, il n’avait pas tort. Une voix rauque lança :
Ouvrez cette porte, milice d’Elmek !
En effet, le cadavre encombrait l’entrée. La jeune servante s’approcha et le retira d’un geste doux37. Une fois débarrassé du corps gênant, elle ouvrit l’établissement et dit :
Nous zommes dézolé pour le déranzement mais l’homme ici prézent est mort d’une zute dans les marches. La foule à crier et le zol à vibrer de son trépas. Vous m’en voyez dézolé.
D’accord, nous allons vous débarr… Heu… vous retirer le corps pour l’examiner.
Zuper.
Heu… Une chose, pouvez m’expliquer l’entaille qui lui ouvre le ventre sur tout la longueur, ainsi que la sang qui marque le sol sur près de moitié de la salle, et aussi l’intestin qui gît là ?
Ben… Ze vais vous…
Baston, hurla le barbare du fond de la salle.
Et la foule reprit comme le refrain d’une hymne nationale :
Baston !
Sus au garde !
La chenille ! Vive la chenille !38
Feldegast réagit et appela Cab’Hoche. Il était bien trop tard pour engager une retraite stratégique, ou fuite désemparée, il décida donc de créer un effet de surprise, ou mettre ses fesses à l’abri, en se cachant. Il se trouva donc sous la table de bois crasseux sur un sol tout aussi exécrable. Il attendit dans son refuge précaire et lorsqu’une troupe entière de miliciens fut royalement massacrée par près du triple de clients ivres et en rognes, il émergea enfin. Quelques survivants s’installaient sur des chaises et d’autres s’endormaient dans un coin de l’auberge. Toute suite, Feldegast prit les choses en main :
Cab’Hoche, toi, tu fouilles les clients morts.
Moi je cherche Corwin.
Il trouva son ami assommé près de la cheminée, avec son esclave Koghiba qui, bien gentil, tentait de le réveillé en l’appelant. Notre héros fut plus radicale en vidant une bouteille de Tikeli39 sur son visage. D’ailleurs, je me demande si c’est la tiédeur ou l’odeur du liquide qui le tira de son sommeil, mais dans tous les cas, c’était très efficace. Il sauta d’un seul mouvement et se mis à la hauteur de son ami. Celui-ci lui dit :
Cab’Hoche fouille les clients morts, tu veut l’aider ?
Sans problèmes, je m’occupe de chercher un peu d’or sur la serveuse et Koghiba fait le reste.
Bien, Buck ?
Sargt sargt ?
Viens par là l’ami. Bon ben je vois que tu t’en sors bien. Surveille l’entrée tu veut ?
Galga.

Ainsi, nos amis rassemblèrent les détenus et marchèrent dans les couloirs à la recherche de la sortie. Après plus de quatre ( 4 ) longues heures de marche, ils arrivèrent enfin devant une porte ou était noté : « Sortie interdite, sauf personnel ». Koghiba s’écria alors :
Oh mince ! On retombe d’où on vient !
Mais, c’est ce que l’on voulais faire ! Sortir de la prison tu te rappelles ?
Je sais. Mais là, c’est noté que nous, on as pas le droit de partir en prenant cette porte. On est revenu devant les geôles. Quand je suis partis en reconnaissance et que j’ai aperçu cette sortie, j’ai tout fait pour l’éviter et…
Tu as quoi ? Ne me dit pas que parce que tu as lu l’écriteau tu nous as fait passer ailleurs.
Ben… Je le dit pas, mais c’est ce que j’ai fait.
Quel boulet, quel boulet, quel boulet !
C’est pas de ma faute ! Je voulais pas qu’on est des ennuis en passant par là.
Bon, mais toi là et ne demande rien. Tu ne parles pas !
Mm… Mm…
Corwin reprit ses esprits et s’adressa à Feldegast :
Je pense qu’un glyphe de protection est installé. Tu vois un moyen de le décharger ou de le désactivé ?
Ouais, mais faudra faire vite.
Hm… Hm…, dit Koghiba.
Que comptes tu faire ?
Prendre un de nos ex-équipiers et le balancer contre la porte.
Hm… Hm…, répliqua l’esclave.
Un ex-équipier ?
Ben, celui qui parle au mur là haut. Il fera l’affaire. Regarde le, il discute avec une pierre. C’est Kouill’on c’est cela ?
Ouais.
Hm… Hm…, raconta le soumis.
Bon, ben je m’en charge.
Qu’est ce que c’est que ce bruit ?
Corwin qui avait posé la question n’osa point se retourner pour vérifier son hypothèse.
Ne me dit pas qu’il a…
Si, le coupa Feldegast. Il à tiré sur la cordelette qui sonne l’alarme !
Mais quel boulet, quel boulet !
C’est idoine !
Bon, ben… On fait quoi ?
Que veut tu qu’on fasse, on peut pas sortir, alors…
On retourne aux cellules ?
Ben ouais, au moins au se fera pas fouetter…
…tabasser…
…torturer…
…écraser…
Et ils avançaient quand des cris se firent entendre. Là, ils se retournèrent et virent que la plupart des repris de justice et des concurrents arrêtés brûlaient tels des torches humaines.
Puissant le sort, non ?
Ah oui, puissant… C’est pas du bas de gamme dit dont !
C’est sûr, il se fou pas de nous, on est des prisonniers de marques !
Bon, on continue ?
On continue !
Hm… Hm…

IV) Où une lettre bouleverse le destin… Mais dans quel sens ? :

Cet ainsi que Corwin et Koghiba, Feldegast, Cab’Hoche et Buck, marchèrent pour regagner leurs cellules éventrées. Là, Ekmel les attendaient :
C’est vous qui faites tout ce cirque ?
De quoi vous voulez parler ?
Les murs explosés…
C’est nous.
…la taverne hors d’usage,
C’est encore nous.
…tous les morts dans les couloirs et l’auberge.
C’est toujours nous, mais vous savez, on l’à pas fait exprès.
Je vois, qu’est que cela aurait été si le contraire était arrivé !
Aucune idée.
Je m’en doute.
Je devais faire la paperasse demain pour votre transfert en zone B, mais allons y avant qu’il ne reste plus rien. Suivez moi !
Ils s’exécutèrent et marchèrent dans un dédalles de couloirs sombres et sordides. Une odeur pestilentielle, des cris horrifiés, des murs moites et pisseux, pas de doutes permis, la prison de Zûog serait donc leur habitation pendant quelques temps. Ils tentèrent de se repérer pour pouvoir occasionnellement sortir d’ici, mais le sens de l’orientation ne figurait malheureusement pas dans les atouts de nos grands et prodigieux héros. C’est donc après cette balade de santé à travers les geôles de la ville qu’ils passèrent un à un dans le bureau d’Ekmel.
Bien que seul, tout le monde entendait les paroles échangés dans la pièce, et pour cause, l’épaisseur des murs laissait à désirer. Un des prisonniers entra :
Nom, prénom, qualité…
M’est avis que je dois tout vous dire… La simple et pure vérité est que ce tient devant vous le noble Sire Arkon d’Arcavia. Sachez mon seigneur que mon bras protège la veuve et l’orphelin, que mon épée prône la justice, que mon verbe défend l’opprimé et que dans mes veines coule certainement le sang du grand Arcavius. Je dois aussi vous dire que Mérin gonfle ma poitrine de bravoure et que l’on me surnomme partout, le Chevalier Vertueux.
Très bien, Hot’Is.
Oui maître ?
Notez Arkon d’Arcavia, chevalier.
Oui maître.
Mais je suis…
Oui je sais je sais. Que fais tu là ?
Je viens occire le mari de mon arrière petite cousine germaine par alliance au second degrés car il a fauté.
D’accord mon brave. Cellule 6 B. Esclaves, fouillez le !
Mais je suis…
Je sais je sais. Allez, va ! Suivant !
Tandis que le premier fut mis à nu pour être dépouillé de tous ses biens, le second avança. C’était un homme pourtant fortement maquillé, sans doutes pour cacher quelques rides et retarder l’effet du temps sur son visage…
Nom, prénom, qualité…
Je me nomme Samb’Ah de Tou seigneur.
Et tu sais faire quoi ?
Je suis comédien et chanteur seigneur.
Tu n’as jamais occis quelqu’un ou un monstre ?
Oh, bien sûr que si. J’ai joué la célèbre pièce « Le rituel de chair… » à Kallienne et j’ai tué au moins vingt ( 20 ) fois le Fondateur. C’est pour vous dire.
Mais… Et dans la réalité ?
Vous voulez dire planter une épée ou quelque chose de ce genre à un vrai humain pour qu’il meurt ?
Oui.
Bien sûr que non, c’est immonde. Mais je peut apprendre… Non ?
Cellule 2 B. Esclaves, fouillez le ! Suivant !
En attendant le prochain, il demanda à son scribe – comptable – secrétaire – etc. de remplir la fiche d’identification de l’homme. Puis, un nouveau s’avança :
S’lut !
Nom, prénom, qualité…
J’suis Harkan. Harkan le terrible. Mais mes amis m’appellent Hark.
Et que fais tu… Hark ?
J’suis paysan.
Ah oui, et tu sais te battre ?
J’suis le meilleur du v’llage pôr tuer el cochon, pour fend’ des bûches et pôr el côrse en sac !
D’accord, Cellule 1 B. Notez Hot’Is ! Fouillez le et envoyez le suivant !
C’est alors qu’un grand barhan vêtu d’une armure approcha.
Noble seigneur, je me nomme Brai le preux et je viens de Luishana ? Je suis paladin au service de Gorgyn. Pour Le Roi !
D’accord. Quelles affaires vous amène ici ?
Une histoire de succession.
Bien, Cellule 1 D. Fouillez le, Hot’Is notez, et au suivant !
Pour une fois, le prochain fut une prochaine. Elle se faufila vers le bureau en marchant de manière féline et aguichante. Une grande blonde, aux yeux bleus profonds comme des lacs, et au visage délicat. Le reflet de son âme… Miroitant, majestueux, son regard pétillait d’une vie fraîche et claire, où le mensonge est absent, où les tourments inexistants et où seul le bonheur choisis. En plus de son jolie minois, elle avait des formes parfaites. Le seul défaut que l’on pouvait lui trouver, c’était ses habits. Mais, bien sûr, en hommes galants que nous sommes, nous lui pardonnerons. C’est vrai, elle avait pas choisie. Vendue à des marchands d’esclave il y a peu de temps, elle due se plier aux coutumes. Point de robe interminable à la coloration pastel, mais un morceau de tissus en guise de jupe. Pas de veste ou de chemise pour cacher sa taille, mais une totale absence. Et, en guise de soutien gorge, deux lanières de cuirs faisaient le tour de sa poitrine. En fait, en quelques mots, elle avait le charisme et la beauté d’une déesse, ainsi que l’innocence de la vierge. Elle était carrément grnhregklh ! Et c’est pourquoi, son arrivée se fit remarqué.
Nkkfpk, Pjlmhj, Qhmjghb ?
Pourriez vous répétez ?
Nmjds, Plhlkh, Qlhgb ?
Je suis désolé mais je n’ai pas tout compris.
Il reprit difficilement ses esprits et répondit alors en épelant chaque mot :
N-O-M, P-R-E-N-O-M, Q-U-A-L-I-T-E ?
Je me nomme Illinia du port de Kach.
Hm…
Et je ne suis qu’une esclave en fuite qui espère gagnée la course…
Que pensez vous de faire partis de mes… servantes ?
Je ne sais pas…
Pécule, retraite, assurance, mutuelle, nourrie, logée, et même chérie !
Bon… Et bien, j’accepte.
Très bien. Esclaves !
Oui maître ?
Installée là dans mon… Vous savez quoi ?
Oui maître.
Une chose, laissez là se laver seule et ne la fouillez pas, je m’en occuperais.
Oui maître.
Suivant !
Et Koghiba vînt enfin :
Nom, prénom, qualité ?
Oui maître.
Oui quoi ?
Ben vous avez dit qu’il fallait dire oui maître, moi j’dit cela. Je suis bête et discipliné.
Surtout bête je crois bien. Comment on t’appelle mon petit gars ?
Ben cela dépend des fois.
Et ce qui revient le plus souvent, c’est quoi ?
Abrutit, nigaud, andouille, boulet, imbécile, débile, idiot, stupide…
C’est bon.
Quand ton maître te dit de venir, il t’appelle comment ?
Des fois… Hm… Koghiba.
D’accord, et tu viens d’où ?
J’sais pas.
Je suis désolé mais j’ai pas de cases « je sais pas » sur les fiches d’identification. Prend autre chose !
Ben… De nulle part alors. Cela va ?
Fera l’affaire va. Tu es donc esclave ?
Oui. Ça je le sais. C’est bien hein ?
Oui, c’est bien. Cellule 8 B. Ne le fouillez pas entièrement, il a pas l’air dangereux40.
Il s’adressa directement à lui :
Va me chercher ton maître.
Et avant que celui-ci ne revienne, Feldegast entra.
Nom, prénom, qualité…
Feldegast. Je viens d’Allmoon. Pas de qualités.
Cellule 8 B. Hot’Is, notez, esclaves, fouillez le !
J’ai une lettre pour vous. Tenez !
L’homme prit la lettre et lut. A chaque lignes, il blêmit un peu davantage. Au premier paragraphe, il frissonna et à la fin de la lettre il dit :
Vous !
Oui moi…
Vous !
Oui…
Je ne savais pas qui vous étiez et je dois me fondre en excuses. Dame Méluze explique tout dans cette lettre et je vais me faire le plaisir, à vous et vos amis, de vous offrir quelques bourses et équipements, ainsi que vous accompagner à l’arène.
Très bien. Maintenant rendez moi cette lettre.
Il lui tendit et celle-ci se replia seule. De plus, elle se fit close automatiquement. Feldegast ajouta :
Je suis venu avec mon singe, il vient avec moi.
D’accord, répondit Ekmel.
Buck, mon troll. Libérez le !
Exaucez, continua l’ancien Inquisiteur.
Arrête de te prendre pour génie et envoie moi l’esclave qui tu as interrogé et son maître, Corwin.
Exau… Heu… D’accord.
Bien, on y vas.

Or donc il advint que notre groupe d’aventuriers,
Par une lettre fut sauvé.
Cette sacrée Dame Méluze,
A sue maniée la ruse…

Voilà donc la fin de la première partie de cette épopée.
J’espère vous avoir plu et que la suite, qui continue dans cette voie, vous contentera autant.

Melehan.